Décoration Ile-de-France

La Maison Gatti, royale au Bar… et pas seulement!

C’est vrai, les meubles en rotin, qui faisaient fureur comme mobilier d’extérieur dans les années 50-60, reviennent à la mode avec leur image vintage et écolo ! Un type de meubles utilisés également depuis un siècle pour équiper la plupart des terrasses de ces fameux bistros parisiens, que le monde nous envie.

De plus, leurs chaises ou fauteuils sont en grande partie fabriqués en France, plus particulièrement par la Maison Gatti installée à Villemer en Seine-et-Marne depuis 1920. Un savoir-faire unique transmis par trois générations de rotiniers et de tisseuses.

Tout part évidemment du rotin, une tige importée d’Indonésie, à la fois fibreuse et pleine, ce qui permet de la courber aisément à la différence du bambou qui est creux. Il s’agit pour les rotiniers de préparer les « cannes », de les cintrer après les avoir assouplies à la vapeur et de les assembler pour réaliser la structure du siège. Vient la phase de « cannage » réalisée par les tisseuses en utilisant désormais du Rilsan, un textile synthétique d’origine végétale (huile de ricin) réputé pour sa tenue des couleurs et sa stabilité aux amplitudes de chaleur et d’humidité. Arrivent les étapes de finition, dont l’application d’un vernis marin.

Un tel travail, effectué manuellement par des artisans d’exception, et le coût des matériaux, tous de première qualité, induisent un prix de vente élevé : compter 300 euros pour une chaise neuve. Mais, comme l’explique Benoît Maugrion, repreneur de la société en 1993 avec son frère Hervé, l’entreprise s’est constitué une clientèle fidèle de professionnels, dont 800 bistros parisiens, pour qui les sièges Gatti offrent toutes les garanties de robustesse et d’esthétique.

Le restaurateur dispose ainsi de chaises légères, solides, résistant aux intempéries – un revernissage tous les 4 ou 5 ans – et personnalisables. A lui de choisir la forme du dossier, plus ou moins arrondi, et le cannage  avec un choix de 28 couleurs et 30 motifs. De plus, l’engouement actuel pour le rotin fait que l’entreprise vend de plus en plus aux particuliers en proposant des lots d’occasion, à moitié prix, après une remise en état.

La Maison Gatti est donc en plein renouveau. L’établissement qui ne comptait plus que 6 salariés lors de son rachat, en emploie 20. Il produit 7000 pièces par an -un chiffre d’affaires de 1,5 millions d’euros – dont 20% partent en province ou à l’étranger, dans les cafés les plus prestigieux de Berlin, New-York ou Tokyo.

Félicitations aux frères Maugrion pour leur participation à la transmission de ce savoir-faire devenu rare qu’est le métier de rotinier – il ne reste qu’un autre établissement travaillant le rotin dans l’Hexagone. Grâce au nouveau souffle qu’ils ont donné à cette belle Maison, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant en 2010, les chaises et autres meubles en rotin estampillés Gatti sont devenus de véritables produits stars dans l’incarnation de l’Art de Vivre à la Francaise sur les terrasses des bistros comme dans nos propres jardins.

Nathalie Schraen-Guirma & Pierre Schraen

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1 commentaire

  • Répondre Bablofil 8 mars 2017 at 20:52

    Thanks, great article.

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