Art de la table Centre Val de Loire

Duralex, des verres au caractère bien « trempé »

Les gobelets Duralex, vous les connaissez sûrement. Ils m’ont personnellement accompagnée durant toute ma scolarité, sur la table familiale comme à la cantine, en France comme en Afrique.

Au fait, pourquoi les ménages et les collectivités choisissent-ils depuis des décennies – je ne fais plus référence à ma situation personnelle ! – les verres de cette marque? Le succès publicitaire d’un nom évoquant la robustesse, inspiré d’une devise romaine du temps de Cicéron « Dura lex, sed lex » (La loi est dure mais c’est la loi) ne suffit pas. Les produits Duralex sont réputés pour leur résistance exceptionnelle aux chocs et aux écarts thermiques, l’absence de risque de blessure lorsqu’ils se brisent – ils éclatent en une multitude de morceaux non coupants – et leur facilité de rangement.

Les articles Duralex sont en effet produits depuis 1945 selon la technologie, pionnière à l’époque, du verre trempé. Un procédé consistant à refroidir avec de l’air froid les moules contenant le verre en fusion, lorsque la température de la pâte est redescendue à 700 degrés. Ce refroidissement brusque crée des contraintes dans le verre, qui lui donnent une résistance deux fois et demie supérieure à celle du simple verre recuit et la capacité de supporter des chocs thermiques de 130°C, soit de passer directement du congélateur au four. Eh oui, comme l’on dit chez Duralex,  « une bonne trempe, ça rend plus fort » !

Une technique mise au point dans les années 30 pour les pare-brise automobiles par la société Saint Gobain, qui l’avait adaptée à la fabrication de vaisselle dans sa verrerie de La-Chapelle-Saint-Mesmin près d’Orléans. Cette usine de 200 salariés, qui n’est plus chez Saint Gobain, demeure le seul établissement de fabrication des gobelets Duralex, avec son four géant, fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et ses moules numérotés de 1 à 48 correspondant aux deux modèles historiques de la marque : le verre Gigogne à la forme ronde «né» en 1946 et son «petit frère» le Picardie à la forme galbée, «né» en 1954.

Deux modèles toujours fabriqués – 12 millions d’exemplaires en 2013 pour le Picardie – et devenus, grâce à qualité de leurs designs, des icônes de la table française. Le Gigogne a fait son entrée au Musée des Arts Décoratifs de Paris et au Musée d’Art Moderne de New-York tandis qu’on ne compte plus les apparitions du Picardie dans les blockbusters américains comme le James Bond Skyfall.

Mais le succès de Duralex – 100 millions d’articles vendus et un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros en 2015, dont 85% à l’export, principalement en Orient – ne repose plus uniquement sur les emblématiques gobelets. La société lance de nouveaux produits avec de nouveaux designs et plein de couleurs. Longue vie donc à tous ces représentants Made in Centre-Val de Loire, jeunes ou moins jeunes, de la « famille » Duralex, si présents dans notre quotidien et devenus de vraies célébrités à l’étranger.

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