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Fermob, du mobilier de jardin Made in Rhône-Alpes à la conquête de la Chine

Schraen Guirma Made in France

Eh, oui ! Alors que le marché hexagonal est « inondé » de chaises, bancs et tables d’extérieur en plastique ou en bois, fabriqués le plus souvent en Chine, l’entreprise Fermob, installée à Saint-Didier-sous-Chalaronne non loin de Bourg-en Bresse, a ouvert en 2016 son premier magasin à Pékin. N’est-ce-pas un bel exemple de vitalité du Made in France dans un secteur aussi concurrentiel que le mobilier?

Quels sont donc les « plus » de la PME rhonalpine pour séduire la clientèle chinoise, et plus généralement pour poursuivre son développement en France et à l’international ? Le choix du métal, plus résistant pour le mobilier pliant, la qualité de fabrication et de finition, l’ingéniosité et la simplicité des modèles et surtout le prestige de collections représentatives de l’Art de vivre à la française.

Mais, pour prospérer, Fermob ne peut se contenter de reproduire à l’identique des modèles « historiques » comme les chaises pliantes de la gamme Bistro, brevetées par le créateur de la PME en 1889 et choisies dès 1920 pour équiper des lieux aussi emblématiques que le Jardin du Luxembourg à Paris et Times Square à New-York. Elle doit constamment innover en diversifiant ses produits tout en s’appuyant sur le charme des collections originales.

Un défi que relève le PDG Bernard Reybier, un ancien cadre commercial ayant racheté Fermob en 1989 alors que la société avait, dans les années 80, mal supporté l’arrivée d’articles en plastique à bas prix et ne comptait plus que 15 employés. Les gammes de chaises, fauteuils, tables et autres bancs ont été « remodelées » sans être « défigurées » avec l’appui de designers et stylistes et en proposant l’apport d’autres métaux comme l’aluminium et une palette de 24 coloris. Des accessoires tels que des jardinières, des luminaires et des coussins sont fabriqués. Bernard Reybier souligne également l’engagement de Fermob pour le développement durable « Le matériau utilisé, le métal, est écologique puisqu’il se recycle bien. La température du four de peinture a été abaissée de 10° pour réduire la consommation d’énergie ».

Ces mesures ont porté leurs fruits : la société a de nouveau remporté de grands marchés tant aux Etats-Unis (Université Harvard) qu’à Paris avec le renouvellement du mobilier d’extérieur du stade Roland Garros. Sa gamme Bistro reste en pointe avec 10 formats de table à combiner et 100 000 chaises vendues par an. Le chiffre d’affaires de Fermob, qui emploie désormais 200 salariés, s’est élevé à 53 millions d’euros en 2016 (+ 12% par rapport à 2015), dont 48% à l’international avec des ventes en forte croissance aux Etats-Unis (+28%) et en Asie (Corée du Sud, Inde, Singapour).

Nul doute que Fermob dispose de tous les atouts pour devenir une autre belle vitrine du Made in France dans l’Empire du Milieu.

Art de la table Le goût à la française Rhône-Alpes

L’Opinel, ce couteau savoyard devenu un objet culte du Made in France

Made in France Schraen Guirma

Qui ne connaît pas l’Opinel, ce couteau pliant à manche de bois et à la lame estampillée d’une « main couronnée » ? Il accompagne depuis 125 ans nombre de bricoleurs, randonneurs, cuisiniers et autres artisans. D’ailleurs son nom est entré en 1989 dans le Larousse pour désigner ce type de couteau fermant.

Une pareille consécration est loin d’être usurpée car, depuis leur création en 1890 par Joseph Opinel alors âgé de 18 ans, plus de 350 millions de ces couteaux ont été vendus dans 80 pays. La société familiale d’une centaine de salariés a produit 4 millions d’unités en 2015 dans sa nouvelle usine de Chambéry pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros, dont 45% à l’export.

Pourquoi un tel succès dans un secteur aussi concurrentiel que la coutellerie? Pour le comprendre, je suis allée au Musée Opinel installé à Saint Jean de Maurienne cité de naissance de l’entreprise, où j’ai eu l’honneur d’être reçue par son créateur Jacques Opinel, cousin de Denis, directeur actuel de l’entreprise.

Jacques Opinel m’y a fait découvrir le secret de la réussite de l’établissement  : « innover sans dénaturer ». La gamme actuelle des couteaux numérotés par taille est restée quasi identique à celle créée par Joseph en 1897. Le plus petit, le n°2, est doté d’une lame de 3,5 cm, le n° 12 d’une lame de 12 cm auquel s’ajoute depuis 1970 un n° 13, le « géant » disposant d’une lame de 22 cm ! Il a existé un n°1, et n° 11, mais dont les productions ont très vite disparu.

Mais, si le design des Opinels est inchangé depuis plus d’un siècle, l’entreprise a toujours été à la pointe de l’innovation. Elle a conçu et breveté en 1955 une virole pour bloquer la lame dépliée, puis en 2000 un système la bloquant en position fermée. De même, le Musée décrit les progrès technologiques pour la fabrication de la lame en acier (découpe, traitement thermique, meulage et polissage) et celle du manche en bois (façonnage et vernissage). En revanche, l’assemblage avec la pose de la virole se fait encore aujourd’hui manuellement. Ces efforts continus ont débouché sur la production d’un couteau simple (en bois et en acier), beau, pratique, au prix modéré et d’une qualité irréprochable, avec une fabrication 100% française.

Une réussite qui ne se traduit pas seulement en termes économiques car, comme le souligne Jacques, le couteau de poche Opinel est devenu une icône du design en étant répertorié dans le catalogue du Musée d’Art Moderne de New-York et en figurant parmi les cent objets les mieux dessinés au monde, à côté de la Porsche 911 et de la montre Rolex, selon le Victoria and Albert Museum de Londres.

Depuis la marque n’a cessé de diversifier sa gamme en proposant des couteaux de cuisine aux couleurs chatoyantes, de jardinage, (serpette, couteau de champignons… ), de bricolage et j’en passe!

Quel bel exemple donne cette entreprise familiale ancrée dans la Savoie, dont les couteaux, véritables objets cultes du Made in France, font désormais partie du patrimoine français ! Permettez-moi également d’avoir une pensée pour Jacques Opinel et sa famille en cette période douloureuse qui a vu disparaître le 17 août 2016 Maurice Opinel, petit-fils du fondateur et Président de la société. Maurice était un visionnaire qui a fortement participé à moderniser l’entreprise et à lui donner cette dimension internationale. Il aura eu le temps de voire naître la 1ère filiale américaine de la marque, lancée au printemps 2016 à Chicago.

Nathalie Schraen Guirma

En compagnie de Jacques Opinel et de l’explorateur Jean-Louis Etienne, devant le Musée Opinel.

 

Le luxe à la française Rhône-Alpes

S.T. Dupont, la Maison de Savoie qui porte haut la flamme du luxe à la française

Je ne suis pas fumeuse – du moins au sens propre ! – et les briquets, ces petits appareils produisant du feu en un clic, qui m’avaient pourtant fascinée dans mon enfance, ne m’intéressaient guère. Mais cela était avant de découvrir, à Faverges près d’Annecy, les briquets S.T.Dupont !

Des merveilles d’élégance et de technologie fabriquées dans ce joli coin de Savoie par des équipes d’artisans aux savoir-faire aussi variés qu’exceptionnels. Figurez-vous qu’un Dupont ne compte pas moins de 70 pièces toutes assemblées à la main. Au départ, il s’agit d’un petit bloc d’alliage de cuivre et de zinc, qui, à force de filage, de brasure et d’usinage, est transformé en corps du briquet. Suivent l’orfèvrerie pratiquée selon la technique de guillochage avec des outils en carbure ou en diamant, ou le laquage avec une maîtrise éblouissante de la laque de Chine. Une fois le montage terminé, chaque appareil est vérifié en contrôlant avec soin la sonorité du « cling » si caractéristique de l’ouverture du capot d’un Dupont.

Des briquets devenus de véritables objets-cultes, qui fêtent cette année leur 75 ans ! La Maison S.T Dupont, aux initiales de son créateur Simon Tissot-Dupont en 1872, s’était consacrée à la maroquinerie de voyage avant de réaliser en 1941 ses premiers briquets, en or massif, commandés par un Maharadja.

L’entreprise savoyarde n’a pas oublié pour autant son métier d’origine. La société a relancé la production de sacs et de mallettes en s’appuyant sur une tradition d’excellence de plus de 140 ans, en sélection et découpe des peaux, et en teinture, coutures et finitions. De même, depuis 1973, S.T. Dupont utilise ses savoir-faire en taille, orfèvrerie et laquage pour créer des stylos « haute couture », devenus aussi célèbres que les briquets. Pensez que la fabrication d’un stylo S.T. Dupont nécessite 150 opérations et 200 contrôles de qualité, du capuchon à la plume en or massif 18 carats taillée et polie à la main.

Forte d’une gamme de produits aussi prestigieuse au service du feu, des voyages et de l’écriture, la griffe ST. Dupont ne pouvait que conquérir l’univers du luxe – dans ce secteur, l’entreprise est leader mondial pour les briquets et n°2 pour les stylos, avec un chiffre d’affaires de 48 millions d’euros en 2015, dont 90% à l’export – et qu’ « enflammer » les plus grandes célébrités, d’Humprey Bogart, Coco Chanel, Audrey Hepburn et Pablo Picasso à Jackie Kennedy, Elisabeth II, Barak Obama ou encore Kate et William.

Mais la Maison S.T. Dupont, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2012, ne se contente pas de « gérer » ses succès. Elle crée constamment des collections de prestige, inspirées tant de personnages historiques comme Jules Verne, que d’événements ou groupes médiatiques d’actualité comme Star Wars, James Bond 007 Spectre et les Rolling Stones. Bravo à cette belle marque savoyarde qui porte haut et fort la flamme du luxe à la française.

 

Le goût à la française Rhône-Alpes

Valrhona, l’entreprise qui cultive l’amour du chocolat au cœur du vignoble rhodanien

La vrai pays du chocolat, c’est la France!

C’est vrai, j’ai longtemps cru que les meilleurs chocolats venaient de chez nos amis suisses ou belges. Mais, rassurez-vous, j’ai évolué ! Au cours de mes désormais multiples voyages à l’intérieur des régions, j’ai découvert que les productions de nos maîtres chocolatiers n’ont rien à envier à celles de nos chers voisins. Allez,  faute avouée à moitié pardonnée , je vous emmène au bord du Rhône à Tain-l’Hermitage, charmante cité où l’on produit à la fois l’un des crus les plus renommés des Côtes du Rhône et du merveilleux chocolat.

A Tain chez Valrhona, on fournit du chocolat pour les pâtissiers depuis 1922 et l’on s’attache à maintenir les méthodes artisanales qui fondent le succès de la chocolaterie depuis près d’un siècle. Pas question cependant de se figer dans la tradition. Les maîtres-mots sont « recherche et innovation » afin de rester précurseur pour des produits aux arômes toujours plus subtils et typés.

Pour obtenir un chocolat d’exception, il est impératif de disposer d’un cacao exceptionnel. Valrhona y veille en travaillant dans la durée avec des plantations partenaires d’Amérique, d’Afrique ou d’Asie, sélectionnées pour le potentiel aromatique de leurs cabosses et la qualité de la fermentation et du séchage des fèves.

Inversement, l’excellence du cacao ne garantit en rien celle du chocolat! Et c’est dans la fabrication que s’expriment pleinement le savoir-faire et l’esprit d’innovation des 600 salariés de l’entreprise, où voisinent des machines des années 50 et les équipements les plus modernes. Il faut en effet compter une dizaine d’opérations pour passer de la fève à la tablette. Après le contrôle des qualités sensorielles, les fèves sont torréfiées, concassées, assemblées, broyées et mélangées avec les autres ingrédients pour obtenir la pâte qui est ensuite malaxée, cristallisée et moulée, avant la phase des finitions !

La Maison Valrhona a ainsi créé depuis 1986 une quinzaine de « grands crus » à déguster, du premier, le Guanaja le chocolat le plus amer du monde, au petit dernier, le Dulcey, un chocolat « blond » mis au point en 2012, ainsi qu’une large gamme de « grands crus »   à pâtisser et de pralinés et ganaches. La qualité de tous ces produits à forte valeur ajoutée – un chiffre d’affaires global de l’ordre de 150 millions d’euros – est reconnue par les plus grands professionnels de la gastronomie et les amateurs du monde entier.

Pour les dirigeants de l’entreprise, l’autre priorité est de « cultiver l’amour du chocolat ». Dans cet esprit, le talentueux directeur de la création, Frédéric Bau, a fondé à Tain en 1989 une Ecole du Grand Chocolat ouverte aux chefs pâtissiers. De plus en 2013, la société a installé, à proximité de la chocolaterie historique, une Cité du chocolat où l’on peut découvrir les gestes et savoir-faire des artisans en entrant virtuellement au sein des ateliers. En 3 ans, la Cité a accueilli plus de 220 000 visiteurs.

Chapeau bas à Valrhona, fleuron du Made in France gastronomique, pour son engagement à faire encore plus aimer ce produit béni des gourmets qu’est le chocolat !

Le goût à la française Rhône-Alpes

Tefal, une poêle haute-savoyarde au sommet de l’innovation

La poêle Tefal, vous l’avez certainement déjà utilisée, surtout si, comme moi, vous aimez les cuissons sans ajout d’huile ou de beurre et si vous avez un faible pour les ustensiles qui n’attachent pas et se nettoient facilement. Nous sommes d’ailleurs loin d’être les seuls car elle est considérée comme l’article culinaire le plus célèbre au monde. Une notoriété qui s’exprime jusque dans les jeux de société car Tefal fait partie des quelques marques françaises, comme Caddie et Opinel, dont le nom devenu commun est valable au scrabble. Pour Des chiffres et des lettres, je n’ai pas vérifié !

Comment expliquer ce succès phénoménal ? Tout part en 1956 de l’invention par un ingénieur français, Marc Grégoire, d’un revêtement « qui n’attache pas ». Pour cela, il réussit à fixer sur une surface en aluminium le téflon, un matériau chimique découvert par la firme américaine Dupont de Nemours, « qui ne colle à rien ». La première poêle antiadhésive, qui révolutionnait la manière de cuisiner en réduisant au minimum le besoin de matière grasse pour cuire les aliments, était fabriquée. La société Tefal, nom contracté de téflon et d’aluminium, était créée et l’usine, d’abord francilienne, s’installait en 1961 à Rumilly en Haute Savoie à proximité d’un site de production d’aluminium.

Mais cette géniale invention n’explique pas tout car depuis 60 ans, la vie de la société Tefal n’a rien « d’un long fleuve tranquille ». L’entreprise, dont les 1600 salariés produisent annuellement à Rumilly plus de 50 millions de poêles et de casseroles vendues dans le monde entier – un chiffre d’affaires de 360 millions d’euros en 2014 – doit constamment innover pour s’imposer face à la concurrence. Il faut, selon ses dirigeants «  rendre l’innovation visible par le consommateur pour combattre la déferlante de produits de premier prix sans marque ».

Les chercheurs de Tefal font ainsi évoluer régulièrement les produits – fabrication d’autres articles comme les sauteuses, les gaufriers, les pierrades – et surtout les revêtements, avec, ces dernières années, la réalisation d’un revêtement céramique antiadhésif et la mise au point du Thermo-Spot, une pastille rouge  située au fond de la poêle qui permet de savoir quand la bonne température est atteinte. Quel parcours depuis la première poêle Tefal, à usage réservé à Colette Grégoire l’épouse de Marc et désormais exposée au musée Dupont de Nemours à Wilmington dans le Delaware aux Etats-Unis !

Eh oui, au cœur de cette superbe région de Haute-Savoie, fière de ses sommets alpins, la poêle Tefal représente un autre sommet, en innovation culinaire et au profit d’une cuisine saine qui respecte les produits.

Le goût à la française Rhône-Alpes

Vous serez saisi (comme un rôti) par les fours à bois Le Panyol , 100% Made in Drôme!

S’il est un savoir-faire où nous sommes les champions du monde et cela, personne ne peut nous le contester, c’est la boulangerie. Notre fameuse baguette est reconnue dans le monde entier!

C’est vrai que nous avons la culture du pain, d’excellents blés et de talentueux boulangers… mais également des fours à bois d’une qualité irréprochable, qui offrent au pain français une cuisson inégalée. Saisir, braiser, dorer, mijoter, confire … vous avez l’embarras du choix dans un four à bois!

Justement, à Tain-l’Hermitage dans la Drôme, l’entreprise Fayol est spécialisée dans les fours à bois depuis 150 ans. Des fours d’un blanc immaculé en forme d’igloo, fabriqués avec de la Terre Blanche de Larnage, une argile kaolinique dont la carrière se situe à quelques kilomètres des ateliers.

Les avantages de la Terre de Larnage sont exceptionnels. Elle est réfractaire et permet donc une bonne répartition de la chaleur. Elle peut résister jusqu’à 1630°. A vous les aliments croustillants en surface et moelleux à coeur! Enfin, elle ne contient aucun élément ferreux, qui pourrait dénaturer le goût des aliments. D’ailleurs ils sont deposés à même le sol! Un savoir-faire précieux mariant techniques ancestrales et nouvelles technologies, qui a été distingué par le prestigieux label Entreprise du Patrimoine Vivant.

Aujourd’hui, notre société drômoise exporte quasiment la moitié de sa production au Japon et dans les pays Nordiques, où ses fours sont plébiscités, notamment pour leur matière première en terre 100% naturelle.

Eh Oui! A Tain-l’Hermitage, au coeur de l’un des vignobles historiques du célèbre Côtes du Rhône, il ne faut pas oublier les fours Le Panyol parmi les porte-drapeaux du Made in France à l’étranger.