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Mode

Ile-de-France Mode

Vuarnet, des lunettes de soleil légendaires au sommet de l’innovation

Cette marque française de lunettes de soleil haut de gamme, dont l’égérie est l’acteur Vincent Cassel, vous la connaissez certainement, du moins, si, comme moi, vous adorez feuilleter des magazines de mode (ou de sports, n’est-ce pas messieurs!). Saviez-vous également qu’elle a été créée, il y a juste 60 ans, par la légende du ski alpin qu’était Jean Vuarnet ?

De cet ancien champion olympique de descente aux Jeux de Squaw Valley en 1960, qui nous a malheureusement quittés le 2 janvier 2017 à l’âge de 83 ans, on gardera évidemment ses exploits sportifs mais aussi son esprit visionnaire pour le développement des sports d’hiver. Jean Vuarnet a ainsi participé à la création de la station d’Avoriaz, l’un des plus grands domaines skiables au monde. Il a donc lancé, en association avec un opticien parisien, une marque de lunettes solaires portant son nom, qui est devenue une référence mondiale pour les skieurs mais pas seulement.

Le plus des lunettes Vuarnet, depuis leur mise au point en 1957, c’est l’extraordinaire luminosité de leurs verres minéraux, les incomparables Skilynx qui permettent aux skieurs d’apprécier parfaitement les reliefs. Des verres fabriqués depuis 1986 par l’entreprise Comitec à Meaux en Ile de France, qui reste la seule usine française à produire ce type de verres. En effet, 95% des verres solaires sont désormais en plastique, moins chers mais de moindre qualité lumineuse et moins résistants à la rayure.

Dans la Manufacture Vuarnet, comme l’appelle avec fierté Thierry Bouché le directeur de Comitec, la fabrication, assurée par une douzaine de « compagnons » aux savoir-faire exceptionnels, reste artisanale tout en utilisant des techniques et des machines de pointe. Il faut compter une semaine de travail comprenant une dizaine de traitements suivis d’autant de contrôles pour produire un verre à partir de la matière première livrée sous forme de palets teintés dans la masse. Reste la gravure à la main de l’estampille de la marque, un « V posé sur un ski » , avant l’assemblage des verres sur les montures.

Les ateliers de Comitec produisent jusqu’à 1000 verres par jour et 100 000 lunettes par an, à travers 5 familles de verre : jaunes-verts pour le ski et la montagne, bleus pour la mer, bruns pour le golf, gris pour la conduite et leur « fer de lance », le fameux verre miroir bi-dégradé.

Cette gamme est en constante évolution dans le secteur fort concurrentiel de la lunetterie solaire haut de gamme. En effet, pour Lionel Giraud, le nouveau  patron  de la Maison Vuarnet, il s’agit de se centrer sur le métier d’origine de la marque, celui de verrier, et de miser sur les performances exceptionnelles des verres Made in Meaux pour faire la différence, comme l’avait faite en 1960 son fondateur, le regretté Jean Vuarnet, sur les pentes californiennes de Squaw Valley.

Alsace Mode

Labonal, les chaussettes Made in Alsace qui protègent les amoureux de la forêt

Labonal Schraen-Guirma

« Mieux vaut prévenir que guérir », figurez-vous que ce proverbe concerne désormais les promenades en forêt ! En cause, la multiplication des cas de maladie de Lyme – 12 à 15 000 par an en France, dont la moitié en Alsace –, une infection aux conséquences parfois graves provoquée par des piqûres de tiques. Ces acariens parasites se fixent généralement sur le bas des jambes.

Eh bien ! La société Labonal, installée à Dambach-la-ville à mi-chemin entre Strasbourg et Colmar, a pris les devants en étant la première à fabriquer une chaussette anti-tiques à effet permanent. Un principe actif fixé dans les fibres agit sur les tiques qui se sont accrochées sur la chaussette, en détruisant en 15 mn leur système nerveux, puis en les faisant mourir après 2 h. Un modèle considéré comme un instrument de prévention indispensable pour les  professionnels de la forêt comme les bûcherons et les gardes-chasse.

De fait, l’entreprise Labonal, créée en 1924 sous le nom de La bonneterie alsacienne et connue par son logo en forme de panthère, a totalement réorienté sa production depuis sa reprise en 1996 par une équipe de cadres avec à sa tête Dominique Malfait, son directeur actuel. Comme l’explique Dominique, sur les 300 millions de paires de chaussettes vendues chaque année en France, 95% d’entre elles sont produites dans des ateliers délocalisés. Mais pour lui, il n’était plus question de fabriquer dans des unités à l’étranger des articles à bas prix pour la grande distribution. Dominique a pris la décision de rapatrier l’ensemble de la confection car il estime que « l’avenir est au Made in France et à la réindustrialisation de notre pays ».

Dominique a ainsi recentré la production sur le haut de gamme en jouant sur trois leviers : l’automatisation de la fabrication, du fil au tricotage, puis à la couture grâce à un parc de machines à la pointe de la technologie – une chaussette est confectionnée en 6-7 mn -, un contrôle qualité qui reste manuel et un effort particulier sur la recherche-développement. 10% de la centaine de salariés y sont affectés pour créer de nouvelles collections et développer des innovations.

Il s’agit de tester d’autres fibres, synthétiques ou naturelles comme le bambou et les poils de chameau et de yack. L’objectif est également de « faire la différence » sur les marchés de niche liés aux voyages et aux randonnées avec des modèles anti-tiques, anti-moustiques, anti-bactériens, anti-fatigue et autres Spécial montagne ou ski. Pari réussi car l’entreprise Labonal produit deux millions de paires de chaussettes ou socquettes par an. Elle fait partie des cinq derniers fabricants français du secteur.

Eh oui, grâce à la Marque à la panthère Made in Alsace, les amoureux de la nature sont protégés des tiques, des moustiques ou des engelures, qu’ils randonnent en forêt tempérée, en savane africaine ou en haute montagne, du moins au niveau des pieds !

Le luxe à la française les Hauts-de-France Mode

Chez Noyon à Calais, l’art de la dentelle conjugue tradition et innovation

Made in France

Difficile d’imaginer la lingerie féminine sans la dentelle et vice-versa, n’est-ce pas? D’ailleurs 80% de la production française de ce tissu est destinée à la lingerie de luxe. Et s’il y a en France une ville renommée internationalement pour son savoir-faire en dentelle de lingerie-corseterie, c’est bien sûr Calais !

Tout simplement parce que les entreprises locales, bénéficiant de la proximité de l’Angleterre, ont été les premières à utiliser, dès la fin des guerres napoléoniennes, les métiers à tisser Leavers inventés Outre-Manche. Ces machines, disposant du système de cartes perforées créé par Jacquard, ont révolutionné la fabrication de la dentelle en obtenant des produits très proches de ceux travaillés à la main.

Cependant, deux siècles après Waterloo, ils ne sont plus que quelques établissements calaisiens à porter la tradition des dentelles Leavers. Parmi eux, l’entreprise familiale Noyon, créée en 1919, est devenue le premier fabricant au monde de ce tissu d’exception réputé pour sa finesse, la richesse de ses fonds et la variété de ses motifs – un chiffre d’affaires de 16,5 millions d’euros en 2014, dont 70% à l’export dans plus de 50 pays – grâce à un parc exceptionnel d’une soixantaine de métiers.

Ces « monstres » en fonte produisant 8000 mouvements à l’heure qui entrelacent 15 000 fils différents pour la fabrication de « racks » de 2 mètres de long sur 6 de large, sont actionnés par des artisans d’une quinzaine de spécialités. Les quelques 200 dentelliers aux qualifications parfois aussi étranges qu’ourdisseurs-wappeurs et wheeleurs pour le remplissage des bobines et que clippeurs et écailleuses pour la finition ont des savoir-faire incomparables. Pensez qu’il faut cinq ans pour former un tulliste sur Leavers !

Mais pour conquérir de nouveaux marchés, il faut, selon Olivier Noyon PDG du groupe familial depuis 1998, ne pas se figer dans la tradition et se montrer créatif et innovant. Le tissage dispose d’un studio de création où 15 esquisseurs et dessinateurs offrent chaque année plus de 300 nouveautés et 1000 coloris. Des programmes informatiques ont remplacé les cartons Jacquard. Depuis 1980, Noyon introduit dans la dentelle de nouvelles matières comme l’élasthanne et d’autres microfibres, qui permettent de diversifier la production vers le sportwear et la décoration tout en affinant les articles destinés à la lingerie et à la mode.

Le marché de la lingerie haut de gamme reste cependant en souffrance du fait d’une baisse tendancielle de la consommation et de la concurrence asiatique. Aussi, suite à une année 2015 difficile – un décrochement de 6% du chiffre d’affaires- , la société Noyon n’arrivait plus à assumer ses charges et elle a été placée en redressement judiciaire en septembre 2016.

Puisse ce bel établissement classé Entreprise du Patrimoine Vivant, dont nous avons présenté le savoir-faire exceptionnel lors du passage de Midi en France à Lens en décembre 2015, trouver rapidement un repreneur, dont une possible coopérative ouvrière (SCOP), capable de relancer l’activité avec la même volonté de conjuguer tradition et innovation et avec un minimum de conséquences pour l’emploi.

Bourgogne-Franche-Comté Mode

Henry Jullien, des lunettes Made in Jura qui en mettent plein la vue !

Allez, commençons, pour une fois, par quelques chiffres et un peu d’histoire ! Savez-vous que, dans l’Hexagone, nous sommes plus de 40 millions à porter des « binocles » et que 13 millions de lunettes de vue et 5 millions de lunettes solaires y sont vendues chaque année ? Savez-vous aussi que le Jura est le berceau historique de la lunetterie française, depuis la création en 1796 de montures en fil de fer par un maître-cloutier de Morez, et que ce département réalise 75% de la production nationale de montures?

Cependant, du fait de la concurrence étrangère, notamment italienne, sur le marché français des montures, il ne reste qu’une dizaine d’entreprises jurassiennes à les fabriquer entièrement dans la région. Et c’est l’une de ces « irréductibles », la lunetterie Henry Jullien, que j’ai découverte à Lons-Le-Saunier. La manufacture fondée en 1921 par Henry Jullien est dirigée depuis 1986 par son petit-fils Pierre Fauveau, un PDG passionné qui préfère, comme argument de vente à l’international, le Made in Jura au Made in France jugé trop réducteur.

La marque produit plus de 100 000 montures haut de gamme par an, dont les mythiques modèles métalliques en doublé or laminé qui font sa réputation mondiale. Des modèles prestigieux réalisés de A à Z dans les ateliers lédoniens à partir d’un processus complexe d’union d’une couche d’or au métal de base pour obtenir le fil qui sera matricé, torsadé, twisté et galbé pour créer la monture. Cette fabrication ne compte pas moins de 300 opérations effectuées par une quarantaine de spécialistes, pour la plupart des femmes à cause de la précision que requiert le travail d’assemblage et de décoration des montures.

Mais, dans l’univers du luxe, où les lunettes de vue sont autant des accessoires de mode que des appareils de prothèse médicale, une entreprise créatrice de ses propres collections comme Henry Jullien ne peut se contenter de « modèles-cultes ». Elle doit constamment faire évoluer son offre en anticipant sans cesse. Il faut, selon Pierre Fauveau, « savoir presque un an à l’avance ce qui va marcher ou pas et pour cela capter des signaux auprès de gens qui sont un peu en avance par rapport à la mode ».

La marque mise ainsi sur d’autres matières comme le titane, l’acétate ou la fibre de verre et sur des formes et des couleurs nouvelles, pour réaliser des collections plus tendance pour un public plus jeune et plus urbain, tout en conservant le style et la qualité Henry Jullien. Une diversification couronnée de succès puisque le chiffre d’affaires de la société a crû de 30% en 2015

Eh Oui ! A Lons-Le Saunier, cette charmante préfecture située au pied du massif jurassien, le Made in Jura a pour porte-drapeau naturel la fromagerie Bel dont l’emblématique Vache qui rit a conquis la planète entière mais n’oublions pas la lunetterie Henry Jullien, dont les montures en mettent également plein la vue !

Alsace Mode

Les chaussures Heschung en Alsace, ça marche depuis plus de 80 ans !

« Pour vivre heureux, vivons cachés », ce dicton pourrait s’appliquer aux Ateliers Heschung, qui, nichés à Steinbourg, un village au nord-ouest de l’Alsace, fabriquent en toute discrétion des chaussures en cuir haut de gamme vendues sous leur propre marque dans le monde entier, de la businesswoman moscovite au trader new-yorkais. Et je ne suis pas peu fière d’avoir eu l’occasion de mettre en avant le travail des artisans de cette entreprise familiale durant la préparation d’une nouvelle collection. Une équipe d’artisans chaussiers, ayant une moyenne de 35 années de métier !

Une telle expérience n’est pas de trop lorsqu’on découvre la complexité de l’ajustage à la main de la bande de cuir au contour du modèle avec l’aide d’un fil de lin imbibé de poix et chauffé. Une technique de cousu main, le cousu norvégien, qui permet de réaliser des coutures résistant à toutes épreuves et de rendre les chaussures encore plus robustes et imperméables.

Ce procédé a fait la réputation de la manufacture dès sa création en 1934 par Eugène Heschung, d’abord pour les brodequins des « schlitteurs », ces bûcherons vosgiens qui utilisaient des luges (schlittes) pour descendre les grumes, puis pour les chaussures de ski. Les modèles de compétition Heschung ont équipé les équipes de France, des JO de Grenoble en 1968 à ceux de Sapporo en 1972, puis le plastique a remplacé le cuir …

Le credo de la marque Heschung ne se résume évidemment pas à la qualité des coutures et à celle des cuirs employés. Il s’exprime également dans la sobriété et la modernité des lignes, donnant aux chaussures un style intemporel. Pour Pierre Heschung, petit-fils du fondateur et actuel Président de la société, et son équipe d’artisans, « un produit est parfait, non pas parce qu’on lui a ajouté quelque chose de joli mais parce qu’on ne peut rien lui enlever qui ne soit essentiel ».

Et le succès est éclatant puisque, dans le secteur fortement concurrentiel du haut de gamme, les Ateliers Heschung, labellisés Entreprise du Patrimoine Vivant, sont devenus l’un des plus grands chausseurs français en produisant environ 65 000 paires de souliers et bottes par an (pour un chiffre d’affaires dépassant 10 millions d’euros) disponibles sur 250 points de vente à travers le monde. Quelle belle vitrine du Made in Alsace !

Haute-Vienne Mode

J.M. WESTON, une chaussure mystérieuse qui brouille les pistes…

Bien qu’elle ait un nom Made in America, cette chaussure de luxe est bien 100% Made in France ! La belle histoire débute en 1891 lorsque Edouard Blanchard (et non Jean -Marie Weston !), bottier de profession, décide de créer sa manufacture à Limoges, dans cette région connue traditionnellement par l’excellence du tannage et du travail du cuir.

Mais pourquoi ces purs produits du Limousin s’appellent-ils des Weston ? Tout part en 1904 du séjour d’Eugène, le fils d’Edouard, aux Etats Unis pour étudier des méthodes innovantes de production. Eugène découvre ainsi à Weston dans le Massachusetts le cousu Goodyear, une technique de montage qui confère à la chaussure une résistance à toute épreuve. C’est en souvenir de cette aventure américaine qu’il déposera la marque J.M. Weston en 1922.

Le cousu Goodyear ne sera pas la seule innovation introduite par Eugène lorsqu’il succèdera à son père en 1919. Priorité sera donnée à la qualité par rapport à la quantité et à une fabrication en plusieurs largeurs en proposant également des demi-pointures. Des idées de génie qui feront le succès de Weston en France et à l’étranger. Aujourd’hui la marque est présente dans 40 boutiques à travers le monde, en commençant par New-York dès 1986. J.M. Weston chausse les plus grands de nos Hommes d’Etat, des Présidents aux Premiers Ministres, tout en fournissant les bottes pour la Garde Républicaine. Que faire de mieux pour servir la République !

La prestigieuse enseigne a toujours souhaité valoriser le travail de ses quelques 200 salariés, qui assurent à Limoges l’ensemble des étapes de fabrication – pas moins de 150 prises en main et deux mois de travail, du choix du cuir à la finition – et elle attache beaucoup d’importance à la transmission de ces savoir-faire d’exception. L’entreprise a ainsi créé la fondation J.M Weston en 2011.

J’ai eu ce privilège d’avoir être invitée à un cocktail au siège parisien de l’entreprise. L’occasion d’assister à un magnifique ballet de derbys, richelieus  ou mocassins et d’apprécier la beauté et la précision du geste de ces artisans qui font la réputation de la marque. Celle aussi de rencontrer la relève, cette jeunesse fière de travailler pour cet emblème du luxe à la française.

Rencontre avec Alexandre Naneix, couseur sur forme. Après un CAP de cordonnier bottier chez les Compagnons, il intègre J.M. Weston, comme son père avant lui.

 

Rencontre avec Coralie Giry, coupeuse pour chaussures et ceintures depuis 9 ans.

 

Rencontre avec Vongkingkéo Chanthakhorob, responsable du Bureau d’Etudes.

J.M. Weston, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, fait indéniablement partie des trois gloires emblématiques de Limoges avec la porcelaine et la gare de Bénédictins ! Quelle belle marque, quel beau savoir-faire… et surtout quelle success story!

 

Centre Val de Loire Mode

C’est beau, c’est chic, ce sont les ceintures et bracelets de la Maison Boinet

Si, comme moi, vous aimez la mode et feuilletez parfois les magazines féminins, vous avez sûrement déjà vu les ceintures en cuir de chez Boinet. Des accessoires haut de gamme que la manufacture fabrique en fait « depuis toujours » à Château-Renault près de Tours.

Mais, si l’entreprise familiale de commerce de boutons à coudre, fondée en 1858, s’est lancée dans la production de ceintures et bretelles dès 1953, elle s’est longtemps contentée de faire de la sous-traitance pour de grandes marques. Il a fallu attendre l’arrivée à sa tête de Bruno Jourd’hui pour qu’elle devienne en 2009 une griffe à part entière.

Comment le nouveau PDG a-t-il procédé pour « réveiller la belle endormie » ? En se lançant dans l’export et en développant les ceintures pour femmes, dont la production était jusqu’alors quasi-inexistante. Pour Bruno Jourd’hui, la ceinture ne se réduit pas à son rôle fonctionnel, c’est aussi un ornement.

Des « ornements » imaginés par des stylistes parfois audacieux et fabriqués par une équipe d’une trentaine d’artisans selon les critères d’excellence de la manufacture historique : une matière première à la qualité irréprochable, chaque cuir étant passé au crible avant de le sélectionner – le soin apporté à chaque détail, de la teinture à l’extrémité de la ceinture au traçage du contour en passant par la couture et le filetage réalisé à la main par une seule personne. Un respect de la tradition associé à la modernité avec la rénovation du parc des machines (une capacité de de production de 4000 ceintures brutes par jour !) et n’oubliant pas la dimension écologique (utilisation d’une colle sans solvant).

Interview de Bruno Jourd’hui, PDG de la marque Maison Boinet:

Et les résultats sont au rendez-vous car la Maison Boinet, labellisée Entreprise du patrimoine vivant, produit chaque année une centaine de nouveaux modèles, des ceintures mais également des bracelets de cuir depuis 2014, qui se vendent dans le monde entier, et en particulier au Japon où la marque dispose de 75 points de vente. Un chiffre d’affaires de l’ordre de 3 millions d’euros, dont 45% à l’export contre 5% en 2009, et cela grâce essentiellement aux produits féminins.

Eh oui Mesdames ! C’est chic de porter une ceinture, un ceinturon ou un bracelet de la Maison Boinet, cette belle entreprise du Val de Loire devenue en quelques années un symbole du luxe à la française.

Basse-Normandie Mode

Quand les aiguilles normandes débarquent aux Etats-Unis….

Saviez-vous qu’en Amérique, les amatrices de patchwork raffolent des aiguilles 100% Made in Normandie de l’entreprise BOHIN? C’est en effet à Saint Sulpice-sur-Risle près de L’Aigle que se situe le dernier fabricant français d’aiguilles et d’épingles, une tradition qui se perpétue depuis plus 180 ans. Benjamin Bohin, lui-même fils d’épinglier, a fondé la manufacture en 1833 dans ce département de l’Orne, devenu le « berceau de l’aiguille » grâce à d’importantes ressources en minerai de fer.

Alors, pourquoi les produits BOHIN ont-t-ils toujours autant de succès, en particulier aux Etats-Unis ? Parce que les Normands font dans le haut de gamme et proposent des aiguilles dotées d’une pointe d’une qualité exceptionnelle, qui ne se tordent pas, ne se cassent pas, ne se rouillent pas et qui sont parfaitement polies pour ne pas abîmer le tissu une fois percé. Pas étonnant que la réalisation d’une aiguille nécessite 27 étapes et deux mois de fabrication, selon Didier Vrac, le patron des lieux. Et pour ceux qui douteraient de mes propos, faites le constat par vous-même! Depuis mars 2014, la manufacture BOHIN est ouverte au public. Vous pourrez ainsi assister à la production de ces aiguilles haut de gamme sur de fascinantes machines d’époque, datant du 19ème siècle.

Et surtout vous ferez la connaissance de Victor, employé depuis plus de 25 ans et célèbre pour son déhanché grâce auquel il arrive à ranger des milliers d’aiguilles en un rien de temps. Il les dispose en vrac sur un plateau et s’ensuit une danse qui lui permet de les aligner et les superposer. Une étape que la direction a tenté d’automatiser mais sans succès. Victor aime rappeler qu’il lui a fallu deux années pour maîtriser ce geste toujours très pittoresque.

Enfin, je vous conseille vivement de terminer votre découverte par le musée signé François Confino, qui retrace l’histoire des nombreux métiers de l’aiguille et constitue également une mémoire industrielle de la région.

L’entreprise BOHIN réalise un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros et n’a pas fait que débarquer sur la côte américaine puisque ses aiguilles et épingles ont fait leur (s) trou (s) dans 35 pays. Voilà un nouvel exemple d’un produit traditionnel 100% français, qui a su se démarquer à l’export grâce à une qualité d’exception.

Artisans d'art les Hauts-de-France Mode

RDV chez Sophie Hallette à Caudry, la Maison qui tisse de la dentelle pour robes de princesse

« Voilà l’été, enfin l’été…  »

Et l’été s’accompagne toujours de beaux mariages. Je pense notamment aux futures mariées, amoureuses de la dentelle et toujours à la recherche de « La robe »! Je vous imagine stressées à accumuler les essayages jusqu’au coup de coeur! Eh oui, je suis passée par là! Saviez-vous que les plus belles dentelles au monde sont de purs produits Made in France?

Vous n’avez pu manquer en avril 2011 le mariage de Kate Middleton et du Prince William, à la télé bien sûr ! Vous avez aussi sans doute admiré la magnifique robe en dentelles que la Princesse portait à l’abbaye de Westminster.

Elles sont fabriquées dans la ville de Caudry près de Cambrai, et en particulier par la Maison Sophie Hallette. Une entreprise familiale créée en 1887 à l’époque du plein boom de l’industrie du tulle et de la dentelle dans cette petite cité du Nord – Caudry comptait alors près de 200 tissages.

« Associer la tradition et le savoir-faire à la performance et à la modernité », c’est le leitmotiv de Maud Lescroart lorsqu’elle nous fait visiter la manufacture rachetée par son grand-père en 1942. D’’impressionnants métiers à tisser Leavers importés d’Angleterre au 19ème siècle, des mastodontes de 12 tonnes et 10 mètres de long toujours considérés comme les Rolls Royce de la dentelle, voisinent avec un bureau de dessin aux équipements informatiques les plus récents et des ateliers où des «raccommodeuses», « visiteuses» et « écailleuses » rebâtissent les points manquants et font les dernières finitions.

La renommée mondiale de la dentelle de la Maison Sophie Hallette s’appuie ainsi sur le travail minutieux de toute une équipe de « mordus de la dentelle », dont le savoir-faire se transmet souvent en famille, et pas seulement pour les dirigeants. Dans la manufacture, beaucoup manient les métiers Leavers de père en fils ou sont « petites mains » de mère en fille.

Et si la retransmission du mariage de Kate et de William dans le monde entier a constitué un extraordinaire coup de projecteur pour les dentelles de chez Sophie Hallette, ce n’est pas le seul fait d’armes d’une entreprise présente dans 60 pays, qui fournit les plus grands couturiers et dont le chiffre d’affaires a approché les 30 millions d’euros en 2014, pour les trois quarts à l’exportation. En juin 2012, la Reine d’Angleterre portait une robe crème en dentelles de la Maison Sophie Hallette pour son jubilé de diamant. Madame Clooney également pour son mariage, le 27 septembre dernier, et MOI! Avec ma magnifique étole lors de la conférence de rentrée de France télévisions. 😉

Dans la région de Cambrai, on ne fait donc pas que les fameuses Bêtises! Le Made in France d’excellence, c’est aussi la dentelle de Caudry, en particulier chez Sophie Hallette.

Mode

Perrin, la chaussette bourguignonne qui se vend jusqu’en Chine

Les premiers froids arrivent, c’est le moment d’équiper ma petite famille en chaussettes, Made in France évidemment. J’en ai trouvé de très belles avec des noms de marque fort amusants. Des modèles fantaisie « Berthe aux grands pieds » pour moi – un clin d’œil à la mère de Charlemagne et pourquoi pas à ma grande taille, pas celle des pieds !, pour mon mari, de la fantaisie également avec des modèles aux couleurs criardes et surtout réversibles de la marque « Dagobert » – ce « bon roi » du temps des Francs, qui s’était, selon la chanson, rendu à un Conseil avec « sa culotte  à l’envers » – et du très classique « Les chaussettes françaises » pour le fiston.

Trois marques de la Bonneterie Perrin installée à Montceau les Mines au cœur de la Bourgogne, qui fabrique et commercialise des collants et des chaussettes haut de gamme 100 % français depuis 1924. Et, cette entreprise se visite! Ce sont Franck et Martine, patrons des lieux, qui vous feront découvrir  le savoir-faire exceptionnel de cette bonneterie, en particulier le remaillage à la main. Chez Perrin, on travaille encore sur des machines datant des années 30 mais on innove constamment. Une devise presque centenaire « Nous avons le savoir-faire et nous voulons le faire savoir » et trois maîtres-mots « imagination, audace et authenticité ».

Des chiffres qui parlent : 100 employés, 6000 paires par jour, 250 modèles créés par saison, 2000 points de vente spécialisés en France, et même une Boutique à l’Assemblée Nationale, 500 à l’export, dont en Corée, au Japon et surtout en Chine, où la société vend 30% de sa production. Quel joli pied de nez à la concurrence asiatique !

Comme quoi, en Bourgogne, il n’y a pas que les « grands crus » qui s’exportent, les chaussettes également.