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Vuarnet, des lunettes de soleil légendaires au sommet de l’innovation

Cette marque française de lunettes de soleil haut de gamme, dont l’égérie est l’acteur Vincent Cassel, vous la connaissez certainement, du moins, si, comme moi, vous adorez feuilleter des magazines de mode (ou de sports, n’est-ce pas messieurs!). Saviez-vous également qu’elle a été créée, il y a juste 60 ans, par la légende du ski alpin qu’était Jean Vuarnet ?

De cet ancien champion olympique de descente aux Jeux de Squaw Valley en 1960, qui nous a malheureusement quittés le 2 janvier 2017 à l’âge de 83 ans, on gardera évidemment ses exploits sportifs mais aussi son esprit visionnaire pour le développement des sports d’hiver. Jean Vuarnet a ainsi participé à la création de la station d’Avoriaz, l’un des plus grands domaines skiables au monde. Il a donc lancé, en association avec un opticien parisien, une marque de lunettes solaires portant son nom, qui est devenue une référence mondiale pour les skieurs mais pas seulement.

Le plus des lunettes Vuarnet, depuis leur mise au point en 1957, c’est l’extraordinaire luminosité de leurs verres minéraux, les incomparables Skilynx qui permettent aux skieurs d’apprécier parfaitement les reliefs. Des verres fabriqués depuis 1986 par l’entreprise Comitec à Meaux en Ile de France, qui reste la seule usine française à produire ce type de verres. En effet, 95% des verres solaires sont désormais en plastique, moins chers mais de moindre qualité lumineuse et moins résistants à la rayure.

Dans la Manufacture Vuarnet, comme l’appelle avec fierté Thierry Bouché le directeur de Comitec, la fabrication, assurée par une douzaine de « compagnons » aux savoir-faire exceptionnels, reste artisanale tout en utilisant des techniques et des machines de pointe. Il faut compter une semaine de travail comprenant une dizaine de traitements suivis d’autant de contrôles pour produire un verre à partir de la matière première livrée sous forme de palets teintés dans la masse. Reste la gravure à la main de l’estampille de la marque, un « V posé sur un ski » , avant l’assemblage des verres sur les montures.

Les ateliers de Comitec produisent jusqu’à 1000 verres par jour et 100 000 lunettes par an, à travers 5 familles de verre : jaunes-verts pour le ski et la montagne, bleus pour la mer, bruns pour le golf, gris pour la conduite et leur « fer de lance », le fameux verre miroir bi-dégradé.

Cette gamme est en constante évolution dans le secteur fort concurrentiel de la lunetterie solaire haut de gamme. En effet, pour Lionel Giraud, le nouveau  patron  de la Maison Vuarnet, il s’agit de se centrer sur le métier d’origine de la marque, celui de verrier, et de miser sur les performances exceptionnelles des verres Made in Meaux pour faire la différence, comme l’avait faite en 1960 son fondateur, le regretté Jean Vuarnet, sur les pentes californiennes de Squaw Valley.

Décoration Ile-de-France

La Maison Gatti, royale au Bar… et pas seulement!

C’est vrai, les meubles en rotin, qui faisaient fureur comme mobilier d’extérieur dans les années 50-60, reviennent à la mode avec leur image vintage et écolo ! Un type de meubles utilisés également depuis un siècle pour équiper la plupart des terrasses de ces fameux bistros parisiens, que le monde nous envie.

De plus, leurs chaises ou fauteuils sont en grande partie fabriqués en France, plus particulièrement par la Maison Gatti installée à Villemer en Seine-et-Marne depuis 1920. Un savoir-faire unique transmis par trois générations de rotiniers et de tisseuses.

Tout part évidemment du rotin, une tige importée d’Indonésie, à la fois fibreuse et pleine, ce qui permet de la courber aisément à la différence du bambou qui est creux. Il s’agit pour les rotiniers de préparer les « cannes », de les cintrer après les avoir assouplies à la vapeur et de les assembler pour réaliser la structure du siège. Vient la phase de « cannage » réalisée par les tisseuses en utilisant désormais du Rilsan, un textile synthétique d’origine végétale (huile de ricin) réputé pour sa tenue des couleurs et sa stabilité aux amplitudes de chaleur et d’humidité. Arrivent les étapes de finition, dont l’application d’un vernis marin.

Un tel travail, effectué manuellement par des artisans d’exception, et le coût des matériaux, tous de première qualité, induisent un prix de vente élevé : compter 300 euros pour une chaise neuve. Mais, comme l’explique Benoît Maugrion, repreneur de la société en 1993 avec son frère Hervé, l’entreprise s’est constitué une clientèle fidèle de professionnels, dont 800 bistros parisiens, pour qui les sièges Gatti offrent toutes les garanties de robustesse et d’esthétique.

Le restaurateur dispose ainsi de chaises légères, solides, résistant aux intempéries – un revernissage tous les 4 ou 5 ans – et personnalisables. A lui de choisir la forme du dossier, plus ou moins arrondi, et le cannage  avec un choix de 28 couleurs et 30 motifs. De plus, l’engouement actuel pour le rotin fait que l’entreprise vend de plus en plus aux particuliers en proposant des lots d’occasion, à moitié prix, après une remise en état.

La Maison Gatti est donc en plein renouveau. L’établissement qui ne comptait plus que 6 salariés lors de son rachat, en emploie 20. Il produit 7000 pièces par an -un chiffre d’affaires de 1,5 millions d’euros – dont 20% partent en province ou à l’étranger, dans les cafés les plus prestigieux de Berlin, New-York ou Tokyo.

Félicitations aux frères Maugrion pour leur participation à la transmission de ce savoir-faire devenu rare qu’est le métier de rotinier – il ne reste qu’un autre établissement travaillant le rotin dans l’Hexagone. Grâce au nouveau souffle qu’ils ont donné à cette belle Maison, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant en 2010, les chaises et autres meubles en rotin estampillés Gatti sont devenus de véritables produits stars dans l’incarnation de l’Art de Vivre à la Francaise sur les terrasses des bistros comme dans nos propres jardins.

Nathalie Schraen-Guirma & Pierre Schraen