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Décoration

Décoration Ile-de-France

La Maison Gatti, royale au Bar… et pas seulement!

C’est vrai, les meubles en rotin, qui faisaient fureur comme mobilier d’extérieur dans les années 50-60, reviennent à la mode avec leur image vintage et écolo ! Un type de meubles utilisés également depuis un siècle pour équiper la plupart des terrasses de ces fameux bistros parisiens, que le monde nous envie.

De plus, leurs chaises ou fauteuils sont en grande partie fabriqués en France, plus particulièrement par la Maison Gatti installée à Villemer en Seine-et-Marne depuis 1920. Un savoir-faire unique transmis par trois générations de rotiniers et de tisseuses.

Tout part évidemment du rotin, une tige importée d’Indonésie, à la fois fibreuse et pleine, ce qui permet de la courber aisément à la différence du bambou qui est creux. Il s’agit pour les rotiniers de préparer les « cannes », de les cintrer après les avoir assouplies à la vapeur et de les assembler pour réaliser la structure du siège. Vient la phase de « cannage » réalisée par les tisseuses en utilisant désormais du Rilsan, un textile synthétique d’origine végétale (huile de ricin) réputé pour sa tenue des couleurs et sa stabilité aux amplitudes de chaleur et d’humidité. Arrivent les étapes de finition, dont l’application d’un vernis marin.

Un tel travail, effectué manuellement par des artisans d’exception, et le coût des matériaux, tous de première qualité, induisent un prix de vente élevé : compter 300 euros pour une chaise neuve. Mais, comme l’explique Benoît Maugrion, repreneur de la société en 1993 avec son frère Hervé, l’entreprise s’est constitué une clientèle fidèle de professionnels, dont 800 bistros parisiens, pour qui les sièges Gatti offrent toutes les garanties de robustesse et d’esthétique.

Le restaurateur dispose ainsi de chaises légères, solides, résistant aux intempéries – un revernissage tous les 4 ou 5 ans – et personnalisables. A lui de choisir la forme du dossier, plus ou moins arrondi, et le cannage  avec un choix de 28 couleurs et 30 motifs. De plus, l’engouement actuel pour le rotin fait que l’entreprise vend de plus en plus aux particuliers en proposant des lots d’occasion, à moitié prix, après une remise en état.

La Maison Gatti est donc en plein renouveau. L’établissement qui ne comptait plus que 6 salariés lors de son rachat, en emploie 20. Il produit 7000 pièces par an -un chiffre d’affaires de 1,5 millions d’euros – dont 20% partent en province ou à l’étranger, dans les cafés les plus prestigieux de Berlin, New-York ou Tokyo.

Félicitations aux frères Maugrion pour leur participation à la transmission de ce savoir-faire devenu rare qu’est le métier de rotinier – il ne reste qu’un autre établissement travaillant le rotin dans l’Hexagone. Grâce au nouveau souffle qu’ils ont donné à cette belle Maison, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant en 2010, les chaises et autres meubles en rotin estampillés Gatti sont devenus de véritables produits stars dans l’incarnation de l’Art de Vivre à la Francaise sur les terrasses des bistros comme dans nos propres jardins.

Nathalie Schraen-Guirma & Pierre Schraen

Décoration les Hauts-de-France

La Manufacture Catry à l’Académie française !

Savez-vous d’où viennent les moquettes qui ornent les plus beaux Palais de la République ou les hôtels les plus luxueux? Je parle de l’Académie française, de l’Elysée, de l’Assemblée Nationale ou encore du Crillon. Eh bien du Nord de la France, de la manufacture Catry, créée en 1912 dont les créations « haute couture », sont réputées notamment pour leur moelleux!

Quelle belle image de la tradition textile du Nord est ainsi donnée par cette entreprise familiale de 28 salariés installée à Roncq près de Tourcoing ! De plus, Catry figure parmi la quinzaine de sociétés ayant reçu le nouveau label Nord textile destiné à valoriser un secteur qui a beaucoup souffert du développement des tissus synthétiques et de la concurrence étrangère. Les filatures et tissages de « Lille-Roubaix-Tourcoing » comptaient plus de 100 000 employés jusqu’aux années 1960 contre une dizaine de milliers actuellement.

La prospérité de la Maison – un chiffre d’affaires de plus de 2 millions d’euros dont 15% à l’export- repose d’abord sur la qualité du travail et de la finition réalisés par un personnel hautement qualifié, qui maîtrise parfaitement la fort complexe technique Wilton de tissage de la laine. Un procédé développé en Flandres à partir du 18ème siècle, qui permet d’allier la beauté du dessin à la douceur et à la résistance du support.

Pour ces tâches d’une extrême minutie – compter jusqu’à 248 bobines de fil par couleur- les tisserands travaillent sur des équipements datant pour certains de la création des ateliers : métiers à tisser en fonte, navettes en bois, cartes perforées pour guider les fils. Après la confection du tapis, se déroule la « mise en beauté » où les dernières impuretés sont enlevées à la main et où la moquette prend tout son gonflant.

Le « plus » des moquettes Made in Roncq, c’est aussi la priorité donnée au  sur-mesure comme le souligne Caroline Catry, l’arrière-petite fille du fondateur Alphonse Catry, qui dirige l’entreprise depuis 2009. Pour cette jeune et dynamique dirigeante, l’objectif n’est pas de créer des collections que l’on propose à la clientèle mais de répondre aux désirs particuliers de chaque client.

L’entreprise produit ainsi des moquettes de petite largeur, 70 cm seulement, qui permettent une pose plus soignée que les tapis de 4 mètres par 5 fabriqués par les unités industrielles. Pour les couleurs et les motifs, le client peut « puiser » dans un fonds d’archives de 15 000 « cartons », qui contient de véritables merveilles comme ceux de Madeleine Castaing, célèbre décoratrice du milieu du siècle dernier. Mais Catry mise aussi sur l’innovation pour répondre aux demandes spécifiques des clients, notamment de grands architectes d’intérieur français et asiatiques avec lesquels la Maison collabore régulièrement.

Dommage qu’il n’existe pas d’Académie pour les entreprises représentant l’excellence du Made in France. Nul doute que la Manufacture Catry, cette belle Maison d’ores et déjà labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant qui érige la moquette en œuvre d’art, y serait entrée au titre du textile pour la région du Nord.

 

Artisans d'art Décoration Lorraine

Chez Laval à Liffol le Grand, des meubles de style uniques pour des yachts d’exception

Liffol le Grand, le nom de cette commune vosgienne ne vous dit peut-être rien. Et pourtant ce bourg d’environ 2000 habitants est connu comme l’une des capitales mondiales du siège et du meuble de style. Dans ce terroir de forêts, la spécialité locale, ce n’est ni le « bonbon », ni le « drap blanc » des Vosges mais le mobilier très haut de gamme. Liffol le Grand en accueille plusieurs fabriques, dont la manufacture Laval que j’ai eu la chance de découvrir.

Cette entreprise familiale, créée en 1892 par Hippolyte Laval, s’est longtemps contentée de fabriquer des carcasses de siège vendues en « bottes », avant de se positionner en 1980 sur le marché du mobilier de luxe. Leurs différents ateliers sont composés d’artisans aux compétences les plus variées, du prototypage à la mouluration, en passant par le plaquage, la sculpture, le laquage, la dorure, le gainage cuir et le garnissage.

Mais le plus de la société Laval est de ne pas s’être limitée aux techniques de l’ébénisterie traditionnelle et de les avoir conjuguées avec les métiers connexes de la métallerie, de la verrerie et des matériaux composites. Pour cela, l’entreprise a développé un bureau d’études de 8 ingénieurs et des installations qui lui permettent d’intégrer dans les fabrications, des éléments en acier, laiton, aluminium, laiton, fibre de verre, polycarbonates et autres matières synthétiques.

Les résultats n’ont pas tardé. Tout en créant ses propres collections, Laval SA réalise des meubles de style classique ou ultra-contemporain, en mini-séries ou pièces uniques, pour des clients prestigieux en France et à l’étranger, comme les plus grands designers et décorateurs, les palaces les plus chics et désormais le secteur des yachts de luxe.

C’est d’ailleurs sur une « dining chair » destinée à un yacht américain que j’ai pu apprécier directement le raffinement et la qualité de confort d’un siège fabriqué chez Laval SA : une double coque en fibre de verre sur pied rotatif avec une garniture en mousse imputrescible gainée d’un magnifique cuir blanc. Il ne manquait plus que le yacht, l’équipage et les flots bleus et chauds des Caraïbes !

Arrêtons cependant de rêver et souhaitons plutôt « bon vent » à ce fleuron du Made in Vosges, labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, dont le chiffre d’affaires approche les 8 millions d’euros avec 30% à l’export (pour une centaine de salariés). Que les sièges et autres meubles Laval continuent de s’implanter dans l’univers du luxe, sur terre et sur mer !

Alsace Décoration

L’atelier des époux Rolland à Haguenau, ça donne vraiment envie de se (re) faire la malle

Vous avez peut-être eu la chance, comme moi, de recevoir en souvenir familial une ancienne malle de voyage – pour moi, c’était celle d’une arrière-grand-mère partie en Algérie au début des années 1900. Si, en plus, voyager en mode « rétro branché » vous tente (bon courage!) ou si tout simplement vous souhaitez décorer votre intérieur avec une belle malle de caractère, je vous propose un bon plan!

Au cœur de leur atelier Rêve de bagage, situé à Haguenau au nord de Strasbourg, Marie et Jean-Philippe Rolland redonnent vie à des bagages usés par les voyages et les années. Les époux Rolland, aidés d’autres passionnés tout aussi motivés, ont acquis un savoir-faire rare.

Comme un tableau ancien, la restauration d’un bagage de luxe nécessite en effet un travail d’une minutie exceptionnelle, où l’on procède par petites touches, pièce par pièce, avec les meilleurs matériaux.

Jean-Philippe restaure l’extérieur : boucher les trous avec un mélange de terre d’ivoire et de résine dont il garde la recette secrète, rechercher la teinte la plus proche du cuir vieilli pour redonner à la malle son éclat et sa patine d’antan. Marie s’occupe ensuite de l’habillage intérieur : refaire le tissu, généralement du lin, du coton, de l’alcantara ou du velours pour les gainages de luxe, en le capitonnant. Au total, il faut compter quelques dizaines d’heures pour redonner sa jeunesse à un seul bagage.

Marie et Jean-Philippe ne se limitent cependant pas à la restauration. Ils réalisent pour les clients des bagages sur mesure en respectant les traditions et de plus ils ont créé un musée afin de conserver et de maintenir la richesse et le patrimoine de ces objets anciens, de grande valeur. Le Musée du bagage, le seul de ce type en Europe, regroupe ainsi plusieurs centaines de pièces uniques et historiques, du 17ème siècle à nos jours, dont l’une des malles du célèbre écrivain britannique Arthur Conan Doyle.

Eh alors, n’est-ce pas un bon plan pour se (re) faire la malle? C’est surtout la magnifique histoire, au cœur de l’Alsace, d’une équipe de passionnés figurant désormais parmi les cinq restaurateurs de malles de luxe encore en activité en Europe.

 

Décoration Pays de la Loire

Toiles de Mayenne, plus de 200 ans et pas une ride!

Vous voulez rénover votre intérieur et vous recherchez des tissus d’ameublement à la fois beaux, solides, tendance et Made in France évidemment. Eh bien ! J’ai trouvé ce qu’il vous faut dans une manufacture nichée depuis l’époque napoléonienne au sein d’une abbaye cistercienne du début du 13ème. Tout un programme !

C’est en 1806 que deux entrepreneurs parisiens du textile rachètent l’Abbaye de Fontaine-Daniel, près de Mayenne en Pays de Loire, pour y installer une manufacture. Les avantages de cette délocalisation « avant l’heure » : de vastes bâtiments, la force motrice de l’eau et une population locale pratiquant traditionnellement le filage et le tissage du lin. Dès 1812, la fabrique emploie 900 ouvriers, essentiellement des femmes dont les familles sont logées dans un village créé à proximité.

Et le modèle perdure puisque plus de 100 salariés travaillent toujours dans ce superbe établissement désormais classé monument historique. Une pérennité qui s’explique par le dynamisme de la famille Denis à la tête de l’entreprise depuis pratiquement sa création. Ainsi, selon Raphael représentant la 6ème génération,  «  les dirigeants successifs ont su faire évoluer les toiles pour les faire rester dans l’air du temps,  en alliant modernité et tradition dans le souci du travail bien fait ».

La manufacture a été ainsi la première de la région à mécaniser le tissage, introduire la couleur et remplacer la vapeur par l’électricité. Elle s’est ensuite spécialisée dans le tissu d’ameublement en créant sa propre marque, puis a installé un atelier de confection. Toiles de Mayenne fait aujourd’hui trois métiers : le tissage, le « sur-mesure » et le « conseil et installation à domicile », en misant sur l’innovation – 20% de nouveautés par an pour 600 références de tissu – et sur le respect de l’environnement – fils de coton et de lin « bio », colorants végétaux.

Mais la modernité n’exclut pas  les savoir-faire traditionnels. Pour s’en convaincre, il suffit de visiter l’atelier de tissage, où Céline prépare à la main le motif des rayures – 6540 fils de couleur à organiser sur l’ourdissoir – et où Francine veille à ce que chaque fil soit bien à sa place dans le métier à tisser, ou celui des couturières où Marie Claude termine le montage d’une ruflette sur un rideau.

C’est peu dire que le succès est au rendez-vous puisque Toiles de Mayenne, labellisées Entreprise du Patrimoine Vivant, portent haut et fort les couleurs et les valeurs de leur savoir-faire en tissus de haute tenue pour la décoration dans une trentaine de pays, d’Europe, des deux Amériques et d’Asie.

Décoration Haute-Normandie

A Darnétal près de Rouen, les figurines de chez Fariboles donnent vie aux héros de BD

Les BD, vous en raffolez ? Non pas les comics américains et les mangas japonais mais plutôt les franco-belges « historiques » avec leurs dessins finement travaillés, comme Tintin, Spirou, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, les Schtroumpfs, Astérix et j’en passe…Eh bien, si c’est le cas, savez-vous que, depuis plus de 20 ans, la société Fariboles produit en trois dimensions les héros de vos bandes dessinées préférées ? L’entreprise a été créée dans la banlieue de Rouen en 1993 par Pascal Rodier, un ancien cadre bancaire qui faisait de la sculpture par plaisir et qui, un jour, a décidé de « se faire un nom en sculptant des personnages connus d’albums de BD ».

Si l’histoire apparaît simple, le défi était de taille. Pascal a d’abord acquis la technique en travaillant chez un autre fabricant de Normandie. Il lui a fallu ensuite obtenir des contrats de licence avec les auteurs ou leurs héritiers, en commençant par de jeunes dessinateurs ayant moins de notoriété.

Comme le souligne Pascal, il s’agit, pour chaque figurine, de s’emparer d’un dessin et de le restituer en 3D de manière à « donner vie » au personnage en apportant une plus-value. Cela passe par la recherche de la case de BD intéressante, du « boulot » de documentation, une réalisation sans concession en prenant en compte tout ce qui est dessiné et, pour finir, une qualité de sculpture, moulure et peinture exceptionnelle.

Le succès est venu progressivement en misant uniquement sur le haut de gamme. Pas plus de six à huit nouveautés par an confectionnées en séries numérotées et limitées, que s’arrache un noyau dur de collectionneurs exigeants, français, belges et aussi suisses et canadiens. Les statuettes en résine, de véritables prouesses techniques nécessitant parfois plusieurs mois de développement, sont fabriquées de A à Z dans l’atelier par une équipe d’une dizaine d’artisans spécialisés.

Le catalogue de Fariboles comprend désormais de nombreux personnages des grands auteurs de BD franco-belges, de Franquin à Hergé en passant par Peyo, Goscinny et Morris. Parmi les réalisations, on trouve entre autres Lucky Luke, Gaston Lagaffe, Benoît Brisefer, Astérix et Obélix, les frères Dalton, Spirou avec Marsupilami et l’écureuil Spip, la fusée Cosmoschtroumpf, toutes des pièces de 15 à 30 cm de hauteur, ainsi qu’un Tintin de taille humaine.

Non, je ne vous raconte pas de fariboles ! Grâce à Pascal Rodier et à son équipe, les héros légendaires de BD emblématiques prennent vie en Normandie pour le plus grand plaisir de clients passionnés, en France et à l’étranger.

 

Artisans d'art Bretagne Décoration

L’incroyable histoire des Verreries de Bréhat, dont les créations sont exportées dans le monde entier

Savez-vous que les boules décoratives en verre produites depuis une quinzaine d’années sur la petite île de Bréhat au large de Paimpol n’ont rien à envier à celles fabriquées, selon une tradition multiséculaire, par les meilleurs maîtres-verriers de l’île de Murano sur la lagune de Venise ?

Une histoire incroyable car la Bretagne n’est pas une région à tradition verrière et car rien ne prédisposait Yves Neumager, ancien kiné et directeur de discothèque, à fonder en 1998 les Verreries de Bréhat et à leur donner une notoriété internationale.

Rien, sauf la décision en 1996 de « tout plaquer » pour s’installer sur cette magnifique île bretonne – il aménage la vieille Citadelle – et y créer une activité, qui soit « neuve » en Bretagne, qui fabrique de belles choses et qui respecte les strictes règles insulaires (pas de pollution, pas de bruit, pas de gaz).

Il ne suffit cependant pas de s’entourer d’artisans verriers de talent et de disposer des équipements et matériaux les plus performants pour « percer » dans l’univers du verre et les débuts des Verreries de Bréhat furent difficiles. La persévérance finit par payer lorsqu’en 2002 des clients demandent des boules d’escalier. Le succès est immédiat et l’atelier se lance à fond dans la «quincaillerie décorative de luxe» avec, outre les fameuses boules, des poignées de portes, des luminaires et même des lustres.

Des créations somptueuses, aux décors très élaborés ou fort épurés selon les gammes Séduction ou Prestige, conçues en collaboration avec de grands décorateurs d’intérieur. Ce travail exceptionnel, une douzaine d’artisans verriers le réalisent « en direct » dans un atelier ouvert à la visite au sein de la vieille citadelle – 35 000 personnes par an, dont 20 000 l’été.

Le pari est gagné. Le savoir-faire rare des Verreries de Bréhat, labellisées Entreprise du Patrimoine vivant, est reconnu internationalement. Un chiffre d’affaires de l’ordre du million d’euros, dont 28% à l’étranger. Des créations qui ornent les boutiques et hôtels les plus luxueux des cinq continents.

Bravo à cet entrepreneur breton, grâce à qui les connaisseurs du monde entier parlent désormais de Bréhat pour la verrerie décorative au même titre que de Limoges pour la porcelaine et de Quimper pour la faïence.

Artisans d'art Basse-Normandie Décoration

Chez les pinceaux Manet, près de Caen, ça marche au quart de poil !

Tout commence par une histoire de blaireaux, non pas directement les petits mammifères poilus de nos campagnes profondes mais les brosses en poils de blaireau, que nos grands-pères utilisaient pour faire mousser le savon à barbe. Maurice Plantefol, un artisan caennais, en avait commencé la fabrication avec son épouse en 1933 et avait ainsi créé la société Manet.

Si l’arrivée de la « bombe à mousse » a fait quasiment disparaître l’usage du blaireau, la production d’articles à poils a continué de prospérer chez Manet. L’entreprise, installée depuis 1944 à Cormelles-le-Royal dans la banlieue de Caen, produit actuellement 1 million de pinceaux par an en proposant près de 1400 références.

Un succès lié au choix de miser sur la qualité, en premier lieu celle des matériaux en privilégiant, pour le haut de gamme, les poils naturels, tous provenant d’animaux d’élevage : poil d’oreille de veau, de blaireau, de putois et le nec plus ultra, le poil de la martre de Sibérie, où l’on puise dans le stock puisque sa vente est désormais interdite. Une qualité reposant également sur le maintien d’une fabrication traditionnelle et manuelle réalisée par une équipe de six « pinceautières », toutes des dames car ce savoir-faire d’une extrême précision « requiert le dextérité féminine ».

La fabrication d’un pinceau s’étale en fait sur trois jours, de la confection des touffes au finissage, en passant par leur introduction manuelle une par une dans la virole, leur collage, « l’emmanchage » des têtes de pinceaux par collage et sertissage et le vernissage. Chaque pinceau est ensuite marqué et vérifié.

Un tel travail a évidemment un coût et certains pinceaux faits sur mesure se vendent jusqu’à 600 euros l’unité à une clientèle exigeante, composée uniquement d’entreprises, venant à la fois du monde des Beaux-Arts, comme le Musée du Louvre, de celui de la cosmétique et du luxe et même de la Police Nationale, pour les relevés d’empreintes digitales.

La société Manet, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2011, compte ainsi un millier de clients et exporte 15% de sa production, en particulier au Bénélux, en Allemagne et au Japon. Ca marche donc au quart de poil pour les pinceaux Made in Calvados de chez Manet !

Art de la table Artisans d'art Décoration Midi-Pyrénées

L’excellence dans le Lot, l’excellence dans le Pot… avec la porcelaine Virebent !

« Un objet n’est beau que si sa forme correspond à sa fonction », telle est la devise que revendique fièrement la manufacture de porcelaine Virebent située au cœur du département du Lot.

Les assiettes, plats, saladiers, bouteilles, huiliers et autres articles de table « ultra-design » produits par cette entreprise, adoptent un style novateur se définissant par une volonté d’épuration des lignes en l’absence de tout décor.

Quel contraste entre ces objets en porcelaine « ultra-contemporains » et le caractère désuet de l’usine Virebent fondée en 1924, où ils sont fabriqués ! Tout est parti du coup de coeur de l’actuelle gérante Frédérique Caillet pour cette manufacture historique de composants en porcelaine, puis d’articles de table et décoration, dont certains des modèles font partie des collections du Musée des Arts Décoratifs de Paris. Mais Virebent avait connu des difficultés et Frédérique Caillet, directrice de société, et le designer Vincent Collin l’avaient rachetée après sa liquidation en 1999.

Un pari réussi car la manufacture a retrouvé le chemin du développement, en s’appuyant sur de grands designers et des artistes pour la création de nouvelles lignes tout en conservant son équipement d’origine – seuls les fours ont été remplacés – et les techniques traditionnelles de moulage, coulage, démoulage, calibrage, pressage, puis de cuissons et d’émaillage, qui avaient fait sa renommée. Et ce grâce au savoir-faire d’une équipe d’une dizaine d’ouvrières formées souvent de mère en fille, uniquement des dames car selon la responsable de la production « Ici, on touche de l’hyper-fragile, c’est pour cette raison qu’il n’y a que des femmes ! ».

Désormais, la Manufacture Virebent Porcelaine du Lot, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2007, développe de nombreux modèles pour de grands noms de la restauration en France – par exemple le Fouquet’s –, en Allemagne, en Grande Bretagne, aux Etats Unis et au Japon. Oui, le Made in Lot d’excellence, ce ne sont pas seulement les confitures Bonne Maman, c’est aussi la porcelaine Virebent.

Artisans d'art Décoration Provence-Alpes-Côte d'Azur

Le «must have» de votre été, le seau à champagne en terre cuite des Poteries RAVEL

Du bon rosé et des glaçons, ça sent l’été qui approche à grand pas… Et le succès du rosé, c’est sa fraicheur. En général, on planque les seaux à champagne qui font tache dans la décoration de la table, mais celui que je vous présente, est tellement stylé qu’on l’achète et qu’après, on construit la salle à manger qui va avec !

Il est signé des Poteries RAVEL à Aubagne, en collaboration avec le designer JMM Massaud.  En plus d’être esthétique, le seau est en terre cuite, ce qui est essentiel, car le soleil chauffant de l’extérieur, l’eau peut s’évaporer et il ne reste que la fraîcheur.

Cela fait maintenant cinq générations, que les Poteries RAVEL maîtrisent à la perfection la fabrication de pots en terre cuite vernissée. Leur spécialité, outre les seaux à champagne, ce sont les pots de fleurs de très grandes tailles, jusqu’à un mètre de diamètre, et je peux vous dire que ça en jette ! La réalisation de ces poteries XXL demande un personnel qualifié et la maîtrise de machines rares, qui font partie du patrimoine de l’entreprise. D’ailleurs la poterie se visite et je vous encourage vivement à y aller. Le cadre est sublime, une bâtisse du 19ème siècle, où vous serez accueilli chaleureusement.

Aujourd’hui l’entreprise est dirigée par deux charmantes sœurs Julie et Marion, qui sont très fières de proposer une poterie 100% Made in Aubagne. La terre est extraite de leur carrière avant d’être exploitée dans leur atelier. Une façon pour elles de maîtriser et contrôler toutes les étapes de fabrication et de s’assurer d’une argile impeccablement travaillée. Enfin, leur collaboration avec des grands noms du design leur permet de renouveler régulièrement leur gamme. La dernière en date est celle de Monsieur Christian Lacroix en personne, qui a dessiné et signé une collection unique de céramiques intitulées « mythologie ».

Une exigence qui porte ses fruits, puisque ce grand nom de la poterie provençale se retrouve dans des jardins prestigieux comme ceux du Louvre, ou encore du château de la Reine du Danemark.

Aucun doute, les poteries RAVEL sont de véritables symboles de l’art de vivre à la provençale !