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Henry Jullien, des lunettes Made in Jura qui en mettent plein la vue !

Allez, commençons, pour une fois, par quelques chiffres et un peu d’histoire ! Savez-vous que, dans l’Hexagone, nous sommes plus de 40 millions à porter des « binocles » et que 13 millions de lunettes de vue et 5 millions de lunettes solaires y sont vendues chaque année ? Savez-vous aussi que le Jura est le berceau historique de la lunetterie française, depuis la création en 1796 de montures en fil de fer par un maître-cloutier de Morez, et que ce département réalise 75% de la production nationale de montures?

Cependant, du fait de la concurrence étrangère, notamment italienne, sur le marché français des montures, il ne reste qu’une dizaine d’entreprises jurassiennes à les fabriquer entièrement dans la région. Et c’est l’une de ces « irréductibles », la lunetterie Henry Jullien, que j’ai découverte à Lons-Le-Saunier. La manufacture fondée en 1921 par Henry Jullien est dirigée depuis 1986 par son petit-fils Pierre Fauveau, un PDG passionné qui préfère, comme argument de vente à l’international, le Made in Jura au Made in France jugé trop réducteur.

La marque produit plus de 100 000 montures haut de gamme par an, dont les mythiques modèles métalliques en doublé or laminé qui font sa réputation mondiale. Des modèles prestigieux réalisés de A à Z dans les ateliers lédoniens à partir d’un processus complexe d’union d’une couche d’or au métal de base pour obtenir le fil qui sera matricé, torsadé, twisté et galbé pour créer la monture. Cette fabrication ne compte pas moins de 300 opérations effectuées par une quarantaine de spécialistes, pour la plupart des femmes à cause de la précision que requiert le travail d’assemblage et de décoration des montures.

Mais, dans l’univers du luxe, où les lunettes de vue sont autant des accessoires de mode que des appareils de prothèse médicale, une entreprise créatrice de ses propres collections comme Henry Jullien ne peut se contenter de « modèles-cultes ». Elle doit constamment faire évoluer son offre en anticipant sans cesse. Il faut, selon Pierre Fauveau, « savoir presque un an à l’avance ce qui va marcher ou pas et pour cela capter des signaux auprès de gens qui sont un peu en avance par rapport à la mode ».

La marque mise ainsi sur d’autres matières comme le titane, l’acétate ou la fibre de verre et sur des formes et des couleurs nouvelles, pour réaliser des collections plus tendance pour un public plus jeune et plus urbain, tout en conservant le style et la qualité Henry Jullien. Une diversification couronnée de succès puisque le chiffre d’affaires de la société a crû de 30% en 2015

Eh Oui ! A Lons-Le Saunier, cette charmante préfecture située au pied du massif jurassien, le Made in Jura a pour porte-drapeau naturel la fromagerie Bel dont l’emblématique Vache qui rit a conquis la planète entière mais n’oublions pas la lunetterie Henry Jullien, dont les montures en mettent également plein la vue !

Bourgogne-Franche-Comté Jouets Made in France

VILAC, les jouets en bois jurassiens qui se vendent au MOMA de New York!

Connaissez-vous la voiture de sport en bois VILAC? Mon fils de 20 mois et mon mari l’adorent avec son aspect vintage qui la rend transgénérationnelle ! Pas étonnant qu’elle fasse mouche dans plus de 20 pays à travers le monde et notamment au Japon, où notre entreprise jurassienne possède 6 boutiques!

Cette success story débute en 1911 quand Narcisse Villet, artisan tourneur, crée un atelier dans le village de Moirans-en-Montagne au sud du Jura, berceau historique de la tournerie sur bois. Les spécialités de Narcisse, ce sont les quilles, les sifflets et les bilboquets. Puis, ses fils lanceront la fabrication de jouets laqués, devenue la spécificité de l’entreprise (et lui donnant son nom, contraction de Villet et de laque!).

C’est la reprise de l’atelier en 1985 par Hervé Halgand, un représentant en jouets diplômé en arts appliqués, qui donnera à VILAC sa dimension internationale, en multipliant notamment les collaborations avec des artistes comme Calder, Keith Haring, Castelbajac ou encore Di Rosa. La marque, qui accumule les distinctions en France (Grand prix du jouet pour Babar à bascule et Toby le chien, choix de Léon le chaton comme mascotte du pavillon France à l’Exposition Universelle de Shanghai en 2010) vend désormais ses jouets dans des boutiques aussi prestigieuses que celle du MOMA, le Musée d’art moderne et contemporain de New York. Son chiffre d’affaires atteint les 10 millions d’euros, dont 35% à l’export. Aujourd’hui l’entreprise est dirigée par Laurent WEISBUCH, propriétaire également de Jeu-jura, qui souhaite créer un pôle français du jouet en bois.

Alors comment expliquer un tel succès? Tout simplement parce que VILAC propose des produits de grande qualité, au design attractif et aux couleurs chatoyantes! Bref des jouets qui ne bougeront pas avec le temps et que l’on aura plaisir à retrouver bien des années plus tard.

La production au fil des ans, s’est certes modernisée avec l’arrivée de machines à commandes numériques, mais l’essentiel de la fabrication est encore exécuté manuellement par une soixantaine d’artisans en polissage, piquage, laquage et tampographie, selon des procédés traditionnels comme la fameuse technique jurassienne du laquage au trempé. Quant au montage, l’entreprise maintient la tradition montagnarde de l’assemblage à domicile chez différentes familles. Et n’oublions pas le bois, du hêtre ou du charme, qui provient des forêts voisines !

Chez VILAC, qui a été labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, on se revendique fièrement créateur, fabricant et distributeur de ces jouets 100% Made in Jura qui rayonnent bien au delà de nos frontières!

 

Art de la table Bourgogne-Franche-Comté Le goût à la française

Pour les cuisiniers du monde entier, les casseroles Cristel sont au poil !

Vous connaissez le dicton « Le mauvais ouvrier se plaint toujours d’avoir de mauvais instruments » mais convenez avec moi, qui adore cuisiner des plats mijotés, qu’il vaut mieux disposer d’une bonne casserole ou marmite pour réussir un succulent ragoût. Comme par exemple les articles culinaires de l’entreprise Cristel fabriqués à Fesches le Chatel près de Belfort.

Des collections uniques et originales en inox massif aux qualités techniques exceptionnelles mais pas seulement. Un design élégant avec des lignes pures et des manches ergonomiques et la possibilité d’un rangement compact grâce aux poignées amovibles. Bref, des casseroles et marmites qui sont au poil !

Il ne faut surtout pas croire que ces produits de rêve sont tombés du ciel. C’est le résultat d’un véritable parcours du combattant mené par Bernadette Dodane, formatrice pour créateurs d’entreprises, et son époux Paul, technicien de l’automobile, depuis le rachat en 1987 de l’usine de l’ancien groupe Japy, champion de la casserole en fer battu émaillé au 19ème siècle. Installé à Fesches depuis 1826, Japy avait fermé en 1981 et, après une reprise éphémère sous le nom de Cristel, l’établissement était devenu une ruine industrielle.

Ce pari a priori insensé, Bernadette et Paul l’ont gagné grâce à leur esprit d’innovation – invention d’un concept de cuisson service à poignée démontable, compatibilité parfaite entre inox et plaque à induction – et à un investissement permanent dans la qualité – tolérance zéro pour le moindre défaut, d’emboutissage, de soudure et de polissage, garantie d’une neutralité alimentaire à vie.

Bernadette est ainsi devenue la dynamique PDG du premier fabricant français d’ustensiles de cuisine inox haut de gamme avec une centaine de salariés et un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros, dont 80% à l’export. Une extraordinaire aventure qui ravit les cuisiniers du monde entier, et particulièrement ceux du Japon, qui se sont arraché les produits Cristel dès le début des années 90. Une merveilleuse image du Made in France dans la région de Belfort, qui s’ajoute à celles bien connues des locomotives d’Alstom et des automobiles Peugeot.

 

Bourgogne-Franche-Comté Décoration

TOLIX, la chaise du Morvan, icône du design industriel !

Si vous aimez les décorations vintage, l’esthétique industrielle, les couleurs vives ou pastel, vous serez sans aucun doute séduit par les chaises de l’entreprise TOLIX et son emblématique Modèle A.

Rendez-vous compte que cette chaise, fabriquée depuis 1934 à Autun aux portes du Morvan, fait partie des collections du MOMA, le Musée d’Art Contemporain de New York , et qu’elle est exposée au Centre Pompidou. Le Modèle A est devenu une icône du design industriel !

L’histoire commence en 1930 avec Xavier Pauchard, artisan chaudronnier. Pionnier de la galvanisation, il se lance dans le mobilier et la chaise A sera parmi ses premières créations. Solide, légère, inoxydable, facile à entretenir et à empiler, son succès est immédiat. Elle équipe les terrasses de café, les jardins publics, les salles des fêtes, les casernes, les hôpitaux et même le paquebot Normandie ! Dès les années 80, c’est au tour des architectes d’intérieur et des designers, dont le célèbre Terence Coran, de tomber sous le charme.

Une histoire qui aurait pu se terminer en 2004 car, face à la concurrence des contrefaçons asiatiques, la société familiale périclite. Mais la directrice financière Chantal ANDRIOT, entrée chez Tolix en 1973, se refuse à la voir disparaître et la rachète avec une poignée de salariés.

Depuis, Chantal a su redonner du souffle à l’entreprise en pariant sur l’innovation et la qualité : de la couleur sur un mobilier jusqu’alors uniquement en noir et blanc, de nouveaux modèles, des machines ultra-performantes pour emboutir l’inox. Une façon de se positionner sur le haut de gamme par rapport à une concurrence privilégiant l’aluminium moins cher mais moins résistant. Et les commandes ont redémarré en flèche, assurant vitalité et optimisme à la petite entreprise autunoise. Aujourd’hui, la moitié du chiffre d’affaires est réalisée à l’export, notamment aux Etats-Unis et en Chine !

TOLIX viendrait-elle du même village qu’Astérix, Obélix ou Panoramix ? Une chose est sûre, tels nos irréductibles gaulois, TOLIX résiste encore et toujours…