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Quand les aiguilles normandes débarquent aux Etats-Unis….

Saviez-vous qu’en Amérique, les amatrices de patchwork raffolent des aiguilles 100% Made in Normandie de l’entreprise BOHIN? C’est en effet à Saint Sulpice-sur-Risle près de L’Aigle que se situe le dernier fabricant français d’aiguilles et d’épingles, une tradition qui se perpétue depuis plus 180 ans. Benjamin Bohin, lui-même fils d’épinglier, a fondé la manufacture en 1833 dans ce département de l’Orne, devenu le « berceau de l’aiguille » grâce à d’importantes ressources en minerai de fer.

Alors, pourquoi les produits BOHIN ont-t-ils toujours autant de succès, en particulier aux Etats-Unis ? Parce que les Normands font dans le haut de gamme et proposent des aiguilles dotées d’une pointe d’une qualité exceptionnelle, qui ne se tordent pas, ne se cassent pas, ne se rouillent pas et qui sont parfaitement polies pour ne pas abîmer le tissu une fois percé. Pas étonnant que la réalisation d’une aiguille nécessite 27 étapes et deux mois de fabrication, selon Didier Vrac, le patron des lieux. Et pour ceux qui douteraient de mes propos, faites le constat par vous-même! Depuis mars 2014, la manufacture BOHIN est ouverte au public. Vous pourrez ainsi assister à la production de ces aiguilles haut de gamme sur de fascinantes machines d’époque, datant du 19ème siècle.

Et surtout vous ferez la connaissance de Victor, employé depuis plus de 25 ans et célèbre pour son déhanché grâce auquel il arrive à ranger des milliers d’aiguilles en un rien de temps. Il les dispose en vrac sur un plateau et s’ensuit une danse qui lui permet de les aligner et les superposer. Une étape que la direction a tenté d’automatiser mais sans succès. Victor aime rappeler qu’il lui a fallu deux années pour maîtriser ce geste toujours très pittoresque.

Enfin, je vous conseille vivement de terminer votre découverte par le musée signé François Confino, qui retrace l’histoire des nombreux métiers de l’aiguille et constitue également une mémoire industrielle de la région.

L’entreprise BOHIN réalise un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros et n’a pas fait que débarquer sur la côte américaine puisque ses aiguilles et épingles ont fait leur (s) trou (s) dans 35 pays. Voilà un nouvel exemple d’un produit traditionnel 100% français, qui a su se démarquer à l’export grâce à une qualité d’exception.

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Chez les pinceaux Manet, près de Caen, ça marche au quart de poil !

Tout commence par une histoire de blaireaux, non pas directement les petits mammifères poilus de nos campagnes profondes mais les brosses en poils de blaireau, que nos grands-pères utilisaient pour faire mousser le savon à barbe. Maurice Plantefol, un artisan caennais, en avait commencé la fabrication avec son épouse en 1933 et avait ainsi créé la société Manet.

Si l’arrivée de la « bombe à mousse » a fait quasiment disparaître l’usage du blaireau, la production d’articles à poils a continué de prospérer chez Manet. L’entreprise, installée depuis 1944 à Cormelles-le-Royal dans la banlieue de Caen, produit actuellement 1 million de pinceaux par an en proposant près de 1400 références.

Un succès lié au choix de miser sur la qualité, en premier lieu celle des matériaux en privilégiant, pour le haut de gamme, les poils naturels, tous provenant d’animaux d’élevage : poil d’oreille de veau, de blaireau, de putois et le nec plus ultra, le poil de la martre de Sibérie, où l’on puise dans le stock puisque sa vente est désormais interdite. Une qualité reposant également sur le maintien d’une fabrication traditionnelle et manuelle réalisée par une équipe de six « pinceautières », toutes des dames car ce savoir-faire d’une extrême précision « requiert le dextérité féminine ».

La fabrication d’un pinceau s’étale en fait sur trois jours, de la confection des touffes au finissage, en passant par leur introduction manuelle une par une dans la virole, leur collage, « l’emmanchage » des têtes de pinceaux par collage et sertissage et le vernissage. Chaque pinceau est ensuite marqué et vérifié.

Un tel travail a évidemment un coût et certains pinceaux faits sur mesure se vendent jusqu’à 600 euros l’unité à une clientèle exigeante, composée uniquement d’entreprises, venant à la fois du monde des Beaux-Arts, comme le Musée du Louvre, de celui de la cosmétique et du luxe et même de la Police Nationale, pour les relevés d’empreintes digitales.

La société Manet, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2011, compte ainsi un millier de clients et exporte 15% de sa production, en particulier au Bénélux, en Allemagne et au Japon. Ca marche donc au quart de poil pour les pinceaux Made in Calvados de chez Manet !