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Artisans d’art

Artisans d'art Décoration Lorraine

Chez Laval à Liffol le Grand, des meubles de style uniques pour des yachts d’exception

Liffol le Grand, le nom de cette commune vosgienne ne vous dit peut-être rien. Et pourtant ce bourg d’environ 2000 habitants est connu comme l’une des capitales mondiales du siège et du meuble de style. Dans ce terroir de forêts, la spécialité locale, ce n’est ni le « bonbon », ni le « drap blanc » des Vosges mais le mobilier très haut de gamme. Liffol le Grand en accueille plusieurs fabriques, dont la manufacture Laval que j’ai eu la chance de découvrir.

Cette entreprise familiale, créée en 1892 par Hippolyte Laval, s’est longtemps contentée de fabriquer des carcasses de siège vendues en « bottes », avant de se positionner en 1980 sur le marché du mobilier de luxe. Leurs différents ateliers sont composés d’artisans aux compétences les plus variées, du prototypage à la mouluration, en passant par le plaquage, la sculpture, le laquage, la dorure, le gainage cuir et le garnissage.

Mais le plus de la société Laval est de ne pas s’être limitée aux techniques de l’ébénisterie traditionnelle et de les avoir conjuguées avec les métiers connexes de la métallerie, de la verrerie et des matériaux composites. Pour cela, l’entreprise a développé un bureau d’études de 8 ingénieurs et des installations qui lui permettent d’intégrer dans les fabrications, des éléments en acier, laiton, aluminium, laiton, fibre de verre, polycarbonates et autres matières synthétiques.

Les résultats n’ont pas tardé. Tout en créant ses propres collections, Laval SA réalise des meubles de style classique ou ultra-contemporain, en mini-séries ou pièces uniques, pour des clients prestigieux en France et à l’étranger, comme les plus grands designers et décorateurs, les palaces les plus chics et désormais le secteur des yachts de luxe.

C’est d’ailleurs sur une « dining chair » destinée à un yacht américain que j’ai pu apprécier directement le raffinement et la qualité de confort d’un siège fabriqué chez Laval SA : une double coque en fibre de verre sur pied rotatif avec une garniture en mousse imputrescible gainée d’un magnifique cuir blanc. Il ne manquait plus que le yacht, l’équipage et les flots bleus et chauds des Caraïbes !

Arrêtons cependant de rêver et souhaitons plutôt « bon vent » à ce fleuron du Made in Vosges, labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, dont le chiffre d’affaires approche les 8 millions d’euros avec 30% à l’export (pour une centaine de salariés). Que les sièges et autres meubles Laval continuent de s’implanter dans l’univers du luxe, sur terre et sur mer !

Art de la table Artisans d'art Provence-Alpes-Côte d'Azur

Les « verres bullés » de Biot dans la région de Cannes, au hit-parade des visites d’entreprise en France

Depuis des siècles, les maîtres-verriers s’emploient à obtenir le verre le plus transparent possible, le plus cristallin, en usant des techniques les plus complexes….sauf à Biot dans la région de Cannes.  Ici, les bulles, on les aime, on les vénère! Ce sont elles qui font la particularité et la renommée internationale de la verrerie de Biot. Elles apportent du caractère, de la texture et même un côté festif. La preuve, dans une coupe de verre de Biot, quand vous avez terminé votre champagne, il reste encore des bulles!

Quand on pense que ce « verre bullé » est né d’un défaut d’affinage ! Eloi Monod, le créateur de l’entreprise en 1956, a eu l’idée géniale de faire de cette erreur une marque de fabrique. En apprenant à maîtriser les bulles, les maîtres-verriers de Biot ont changé la destinée de leur village.

En 1973, la verrerie a été rachetée par la famille Lechaczynski. Aujourd’hui, ce sont les enfants, Anne (présidente) et son frère Serge (directeur général) qui s’activent à faire connaître au plus grand nombre la tradition du verre bullé. 700 000 touristes, dont la moitié d’étrangers, viennent chaque année à Biot découvrir la verrerie. C’est la deuxième entreprise la plus visitée en France.

Cette visite, je vous la recommande « chaudement ». Vous assisterez au soufflage de verre, en toute sécurité derrière une barrière, car la matière en fusion prête à être cueillie dépasse les 1100 degrés. Les plus téméraires pourront même s’improviser verriers, en apprenant à tourner la canne puis à souffler le verre.

Parce qu’il est primordial d’innover dans l’univers des métiers d’art, Anne et Serge multiplient les collaborations. La dernière en date, celle du regretté grand maître-verrier Jean-Claude Novaro avec qui ils ont créé le verre bullé luminescent. Grâce à une poudre « secrète » mélangée à la pâte lors de la conception, le verre se charge de lumière le jour, ce qui le rend fluorescent la nuit. Juste magique! Serge gère également la Galerie Internationale du Verre qui accueille, chaque premier vendredi de juillet, les Verriales, une exposition d’oeuvres contemporaines (en verre bien évidemment) réalisées par des artistes internationaux.

Les verreries de Biot, labellisées Entreprise du Patrimoine Vivant, participent ainsi à faire rayonner à travers le monde les arts de la table à la française! Chapeau bas à Anne et Serge qui font tant pour développer le tourisme d’entreprise sur la Côte d’Azur.

Artisans d'art Bretagne Décoration

L’incroyable histoire des Verreries de Bréhat, dont les créations sont exportées dans le monde entier

Savez-vous que les boules décoratives en verre produites depuis une quinzaine d’années sur la petite île de Bréhat au large de Paimpol n’ont rien à envier à celles fabriquées, selon une tradition multiséculaire, par les meilleurs maîtres-verriers de l’île de Murano sur la lagune de Venise ?

Une histoire incroyable car la Bretagne n’est pas une région à tradition verrière et car rien ne prédisposait Yves Neumager, ancien kiné et directeur de discothèque, à fonder en 1998 les Verreries de Bréhat et à leur donner une notoriété internationale.

Rien, sauf la décision en 1996 de « tout plaquer » pour s’installer sur cette magnifique île bretonne – il aménage la vieille Citadelle – et y créer une activité, qui soit « neuve » en Bretagne, qui fabrique de belles choses et qui respecte les strictes règles insulaires (pas de pollution, pas de bruit, pas de gaz).

Il ne suffit cependant pas de s’entourer d’artisans verriers de talent et de disposer des équipements et matériaux les plus performants pour « percer » dans l’univers du verre et les débuts des Verreries de Bréhat furent difficiles. La persévérance finit par payer lorsqu’en 2002 des clients demandent des boules d’escalier. Le succès est immédiat et l’atelier se lance à fond dans la «quincaillerie décorative de luxe» avec, outre les fameuses boules, des poignées de portes, des luminaires et même des lustres.

Des créations somptueuses, aux décors très élaborés ou fort épurés selon les gammes Séduction ou Prestige, conçues en collaboration avec de grands décorateurs d’intérieur. Ce travail exceptionnel, une douzaine d’artisans verriers le réalisent « en direct » dans un atelier ouvert à la visite au sein de la vieille citadelle – 35 000 personnes par an, dont 20 000 l’été.

Le pari est gagné. Le savoir-faire rare des Verreries de Bréhat, labellisées Entreprise du Patrimoine vivant, est reconnu internationalement. Un chiffre d’affaires de l’ordre du million d’euros, dont 28% à l’étranger. Des créations qui ornent les boutiques et hôtels les plus luxueux des cinq continents.

Bravo à cet entrepreneur breton, grâce à qui les connaisseurs du monde entier parlent désormais de Bréhat pour la verrerie décorative au même titre que de Limoges pour la porcelaine et de Quimper pour la faïence.

Artisans d'art Basse-Normandie Décoration

Chez les pinceaux Manet, près de Caen, ça marche au quart de poil !

Tout commence par une histoire de blaireaux, non pas directement les petits mammifères poilus de nos campagnes profondes mais les brosses en poils de blaireau, que nos grands-pères utilisaient pour faire mousser le savon à barbe. Maurice Plantefol, un artisan caennais, en avait commencé la fabrication avec son épouse en 1933 et avait ainsi créé la société Manet.

Si l’arrivée de la « bombe à mousse » a fait quasiment disparaître l’usage du blaireau, la production d’articles à poils a continué de prospérer chez Manet. L’entreprise, installée depuis 1944 à Cormelles-le-Royal dans la banlieue de Caen, produit actuellement 1 million de pinceaux par an en proposant près de 1400 références.

Un succès lié au choix de miser sur la qualité, en premier lieu celle des matériaux en privilégiant, pour le haut de gamme, les poils naturels, tous provenant d’animaux d’élevage : poil d’oreille de veau, de blaireau, de putois et le nec plus ultra, le poil de la martre de Sibérie, où l’on puise dans le stock puisque sa vente est désormais interdite. Une qualité reposant également sur le maintien d’une fabrication traditionnelle et manuelle réalisée par une équipe de six « pinceautières », toutes des dames car ce savoir-faire d’une extrême précision « requiert le dextérité féminine ».

La fabrication d’un pinceau s’étale en fait sur trois jours, de la confection des touffes au finissage, en passant par leur introduction manuelle une par une dans la virole, leur collage, « l’emmanchage » des têtes de pinceaux par collage et sertissage et le vernissage. Chaque pinceau est ensuite marqué et vérifié.

Un tel travail a évidemment un coût et certains pinceaux faits sur mesure se vendent jusqu’à 600 euros l’unité à une clientèle exigeante, composée uniquement d’entreprises, venant à la fois du monde des Beaux-Arts, comme le Musée du Louvre, de celui de la cosmétique et du luxe et même de la Police Nationale, pour les relevés d’empreintes digitales.

La société Manet, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2011, compte ainsi un millier de clients et exporte 15% de sa production, en particulier au Bénélux, en Allemagne et au Japon. Ca marche donc au quart de poil pour les pinceaux Made in Calvados de chez Manet !

Artisans d'art les Hauts-de-France Mode

RDV chez Sophie Hallette à Caudry, la Maison qui tisse de la dentelle pour robes de princesse

« Voilà l’été, enfin l’été…  »

Et l’été s’accompagne toujours de beaux mariages. Je pense notamment aux futures mariées, amoureuses de la dentelle et toujours à la recherche de « La robe »! Je vous imagine stressées à accumuler les essayages jusqu’au coup de coeur! Eh oui, je suis passée par là! Saviez-vous que les plus belles dentelles au monde sont de purs produits Made in France?

Vous n’avez pu manquer en avril 2011 le mariage de Kate Middleton et du Prince William, à la télé bien sûr ! Vous avez aussi sans doute admiré la magnifique robe en dentelles que la Princesse portait à l’abbaye de Westminster.

Elles sont fabriquées dans la ville de Caudry près de Cambrai, et en particulier par la Maison Sophie Hallette. Une entreprise familiale créée en 1887 à l’époque du plein boom de l’industrie du tulle et de la dentelle dans cette petite cité du Nord – Caudry comptait alors près de 200 tissages.

« Associer la tradition et le savoir-faire à la performance et à la modernité », c’est le leitmotiv de Maud Lescroart lorsqu’elle nous fait visiter la manufacture rachetée par son grand-père en 1942. D’’impressionnants métiers à tisser Leavers importés d’Angleterre au 19ème siècle, des mastodontes de 12 tonnes et 10 mètres de long toujours considérés comme les Rolls Royce de la dentelle, voisinent avec un bureau de dessin aux équipements informatiques les plus récents et des ateliers où des «raccommodeuses», « visiteuses» et « écailleuses » rebâtissent les points manquants et font les dernières finitions.

La renommée mondiale de la dentelle de la Maison Sophie Hallette s’appuie ainsi sur le travail minutieux de toute une équipe de « mordus de la dentelle », dont le savoir-faire se transmet souvent en famille, et pas seulement pour les dirigeants. Dans la manufacture, beaucoup manient les métiers Leavers de père en fils ou sont « petites mains » de mère en fille.

Et si la retransmission du mariage de Kate et de William dans le monde entier a constitué un extraordinaire coup de projecteur pour les dentelles de chez Sophie Hallette, ce n’est pas le seul fait d’armes d’une entreprise présente dans 60 pays, qui fournit les plus grands couturiers et dont le chiffre d’affaires a approché les 30 millions d’euros en 2014, pour les trois quarts à l’exportation. En juin 2012, la Reine d’Angleterre portait une robe crème en dentelles de la Maison Sophie Hallette pour son jubilé de diamant. Madame Clooney également pour son mariage, le 27 septembre dernier, et MOI! Avec ma magnifique étole lors de la conférence de rentrée de France télévisions. 😉

Dans la région de Cambrai, on ne fait donc pas que les fameuses Bêtises! Le Made in France d’excellence, c’est aussi la dentelle de Caudry, en particulier chez Sophie Hallette.

Art de la table Artisans d'art Décoration Midi-Pyrénées

L’excellence dans le Lot, l’excellence dans le Pot… avec la porcelaine Virebent !

« Un objet n’est beau que si sa forme correspond à sa fonction », telle est la devise que revendique fièrement la manufacture de porcelaine Virebent située au cœur du département du Lot.

Les assiettes, plats, saladiers, bouteilles, huiliers et autres articles de table « ultra-design » produits par cette entreprise, adoptent un style novateur se définissant par une volonté d’épuration des lignes en l’absence de tout décor.

Quel contraste entre ces objets en porcelaine « ultra-contemporains » et le caractère désuet de l’usine Virebent fondée en 1924, où ils sont fabriqués ! Tout est parti du coup de coeur de l’actuelle gérante Frédérique Caillet pour cette manufacture historique de composants en porcelaine, puis d’articles de table et décoration, dont certains des modèles font partie des collections du Musée des Arts Décoratifs de Paris. Mais Virebent avait connu des difficultés et Frédérique Caillet, directrice de société, et le designer Vincent Collin l’avaient rachetée après sa liquidation en 1999.

Un pari réussi car la manufacture a retrouvé le chemin du développement, en s’appuyant sur de grands designers et des artistes pour la création de nouvelles lignes tout en conservant son équipement d’origine – seuls les fours ont été remplacés – et les techniques traditionnelles de moulage, coulage, démoulage, calibrage, pressage, puis de cuissons et d’émaillage, qui avaient fait sa renommée. Et ce grâce au savoir-faire d’une équipe d’une dizaine d’ouvrières formées souvent de mère en fille, uniquement des dames car selon la responsable de la production « Ici, on touche de l’hyper-fragile, c’est pour cette raison qu’il n’y a que des femmes ! ».

Désormais, la Manufacture Virebent Porcelaine du Lot, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2007, développe de nombreux modèles pour de grands noms de la restauration en France – par exemple le Fouquet’s –, en Allemagne, en Grande Bretagne, aux Etats Unis et au Japon. Oui, le Made in Lot d’excellence, ce ne sont pas seulement les confitures Bonne Maman, c’est aussi la porcelaine Virebent.

Art de la table Artisans d'art Champagne-Ardenne

A Bayel, les pièces de la Cristallerie Royale de Champagne séduisent jusqu’aux plus grands Chefs d’Etat!

Les enquêtes sont formelles. Les jeunes reviennent tout doucement aux beaux produits, comme le goût des jolies tables chez les maîtresses de maison – pourquoi seulement les « maîtresses » !-. Mais le temps n’est plus aux services complets. Les jeunes préfèrent acheter ou, c’est encore mieux, se faire offrir quelques pièces, par exemple une carafe et des verres de style qui épateront leurs invités!

Et j’ai, comme d’habitude!, une excellente idée à proposer aux jeunes et aux moins jeunes. A Bayel dans l’Aube, la Cristallerie Royale de Champagne réalise des collections de verres élégantes et raffinées aux designs tout en nuances, en fonction des goûts et des besoins. Par exemple les lignes épurées de la collection Zen ou les formes classiques indémodables de la gamme Versailles.

Des pièces fabriquées par des maîtres-verriers employant des techniques ancestrales dans cette cristallerie dont les fours ne se sont jamais arrêtés depuis sa création à Bayel en 1678 à la demande de Colbert. Soufflage à la bouche, taille du cristal à la main, gravure au sable, dorure, dépôt de platine, émaillage, utilisation de moules datant, pour certains, de plus de trois siècles, tous des savoir-faire traditionnels préservés qui garantissent une réalisation irréprochable.

Pas étonnant donc que les verres, flûtes, carafes, brocs, vases et autres objets décoratifs de la Cristallerie soient recherchés pour les tables les plus fastueuses et par des clients de prestige, dont de grands Chefs d’Etat comme le Roi du Maroc ou anciennement le Président John Kennedy. Et surtout par le Général de Gaulle, l’illustre voisin – Colombey-les-Deux Eglises est à moins de 10 km de Bayel – pour lequel la verrerie a réalisé des pièces uniques, dont le désormais célèbre service Verdun.

Avoir eu le Général comme fidèle client, n’est-ce pas le plus beau des symboles pour illustrer le rang de la Cristallerie Royale de Champagne parmi les Ambassadrices du Made in France pour les Arts de la Table ?

Artisans d'art Décoration Provence-Alpes-Côte d'Azur

Le «must have» de votre été, le seau à champagne en terre cuite des Poteries RAVEL

Du bon rosé et des glaçons, ça sent l’été qui approche à grand pas… Et le succès du rosé, c’est sa fraicheur. En général, on planque les seaux à champagne qui font tache dans la décoration de la table, mais celui que je vous présente, est tellement stylé qu’on l’achète et qu’après, on construit la salle à manger qui va avec !

Il est signé des Poteries RAVEL à Aubagne, en collaboration avec le designer JMM Massaud.  En plus d’être esthétique, le seau est en terre cuite, ce qui est essentiel, car le soleil chauffant de l’extérieur, l’eau peut s’évaporer et il ne reste que la fraîcheur.

Cela fait maintenant cinq générations, que les Poteries RAVEL maîtrisent à la perfection la fabrication de pots en terre cuite vernissée. Leur spécialité, outre les seaux à champagne, ce sont les pots de fleurs de très grandes tailles, jusqu’à un mètre de diamètre, et je peux vous dire que ça en jette ! La réalisation de ces poteries XXL demande un personnel qualifié et la maîtrise de machines rares, qui font partie du patrimoine de l’entreprise. D’ailleurs la poterie se visite et je vous encourage vivement à y aller. Le cadre est sublime, une bâtisse du 19ème siècle, où vous serez accueilli chaleureusement.

Aujourd’hui l’entreprise est dirigée par deux charmantes sœurs Julie et Marion, qui sont très fières de proposer une poterie 100% Made in Aubagne. La terre est extraite de leur carrière avant d’être exploitée dans leur atelier. Une façon pour elles de maîtriser et contrôler toutes les étapes de fabrication et de s’assurer d’une argile impeccablement travaillée. Enfin, leur collaboration avec des grands noms du design leur permet de renouveler régulièrement leur gamme. La dernière en date est celle de Monsieur Christian Lacroix en personne, qui a dessiné et signé une collection unique de céramiques intitulées « mythologie ».

Une exigence qui porte ses fruits, puisque ce grand nom de la poterie provençale se retrouve dans des jardins prestigieux comme ceux du Louvre, ou encore du château de la Reine du Danemark.

Aucun doute, les poteries RAVEL sont de véritables symboles de l’art de vivre à la provençale ! 

Artisans d'art Décoration Poitou-Charentes

Le fabuleux destin de Sylvie Deschamps, brodeuse d’or à Rochefort

Commençons, une fois n’est pas coutume, par un quiz. En quelle année a été nommée la première préfète? 1981. Quel est leur nombre en 2015? Une cinquantaine. Quelle est leur coiffure de cérémonie ? Un tricorne orné de broderies d’or. Qui réalise ces broderies? L’Atelier du Bégonia d’Or de Sylvie Deschamps à Rochefort en Charente Maritime.

Un savoir-faire devenu fort rare, qui perpétue une technique ancestrale venue d’Orient vers le 9ème siècle. Sylvie m’a fait découvrir sa beauté mais aussi sa complexité car le fil d’or, la cannetille, n’est pas un fil classique. Il est enroulé en spirale tel un ressort, que la brodeuse découpe en tronçons de quelques millimètres avant de les enfiler comme des perles. Elle aura auparavant « imprimé » le patron du motif sur le tissu en marquant d’une fine poudre noire tous les trous à percer. Un travail « de fourmi » à la précision chirurgicale, où talent rime avec patience.

La passion de Sylvie pour la broderie d’or naît dès qu’elle découvre cette technique au lycée Jamain de Rochefort, ville où la tradition du fil d’or remonte à la création de l’arsenal par Louis XIV et Colbert. C’est un vrai coup de foudre et la suite s’apparente à un conte de fées. Après avoir complété sa formation pendant 6 ans dans une grande maison de passementerie à Lyon, Sylvie retourne à Rochefort pour fonder son atelier. Elle s’y forge une réputation d’excellence, qui lui vaut de recevoir en 2010, à moins de quarante ans, le titre de Maître d’Art décerné par le Ministère de la Culture.

Les activités de l’atelier ne se limitent évidemment pas aux broderies des couvre-chefs des plus hautes représentantes de l’Etat, ni d’ailleurs à celles d’autres tenues liturgiques et militaires. Le Bégonia d’Or est devenu fournisseur attitré de grands couturiers, designers et marques de luxe, ainsi qu’une référence pour la restauration d’art, comme celle, en cours lors de notre rencontre, d’un somptueux fauteuil de style Napoléon III.

Mais ce qui tient le plus à cœur à Sylvie est la transmission d’un savoir-faire, dont son atelier reste l’un des seuls dépositaires. Elle accueille ainsi les élèves stagiaires du lycée Jamain, unique lieu de formation en France pour la broderie d’or. Un juste retour des choses, me direz-vous mais pas seulement. Quelle chance pour le Made in France de disposer d’un artisan d’art aussi engagé dans la sauvegarde de nos filières d’exception et surtout quel fabuleux destin pour Sylvie Deschamps !

 

 

 

 

 

 

 

 

Aquitaine Artisans d'art Décoration

Chez Thierry Devrelle à Cognac, les coffrets deviennent des œuvres d’art!

Tous les ans, c’est le même casse-tête. Que vais-je offrir à maman pour la fête des mères ? Et à papa trois semaines plus tard ? Pour cette année, j’ai fait le choix de coffrets, l’un à bijoux, l’autre à cigares. Bon, c’est vrai, rien d’original en matière d’image des parents, cigares pour papa et bijoux pour maman, mais j’assume !

L’idée m’est venue en découvrant à Cognac les superbes coffrets en marqueterie que réalise Thierry Drevelle. J’ai été époustouflée par la qualité de son travail, alliant des savoir-faire rares de cintrage, de placage et de vernissage avec des techniques d’avant-garde. Un travail basé sur une double exigence : le respect des matières nobles, des essences rares venant des cinq continents, et la pertinence des lignes et des usages futurs de l’objet.

Ses coffrets deviennent ainsi de véritables œuvres d’art, tels le Douro, réalisé tout en courbes comme le fleuve du Portugal, le Fang en référence à une ethnie du Gabon, avec sa forme de défense en bois wengé, et un « petit nouveau », entièrement en résine avec un placage en ébène blanc du Laos.

Dans l’atelier familial, installé dans un ancien chai depuis 1949, chaque création ou restauration de coffret ou de meuble de présentation pour vins et spiritueux raconte l’histoire d’une rencontre avec un client passionné et se mesure en émotions. Ainsi la rénovation d’un coffre gothique du 15ème pour le Patrimoine National et la réalisation d’une « cave » à cigares pour un champion automobile. Une clientèle prestigieuse de particuliers, d’institutions et de grandes marques comme Hennessy, Dom Perignon ou Lanvin, et surtout le grand honneur pour Thierry Drevelle de figurer parmi les 300 artisans du monde entier et de toutes spécialités conviés au salon Révélations des Métiers d’Art et de la Création, qui s’est tenu au Grand Palais à Paris en septembre 2013.

Je n’ai évidemment pas commandé mes coffrets aux Ateliers Drevelle, ne faisant toujours pas partie du Patrimoine National, ni du gotha de l’automobile ou du luxe. Mais je vous l’affirme, haut et fort : « A Cognac, au cœur du vignoble charentais, l’excellence à la française ne se limite pas à la célèbre eau-de-vie».