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Labonal, les chaussettes Made in Alsace qui protègent les amoureux de la forêt

Labonal Schraen-Guirma

« Mieux vaut prévenir que guérir », figurez-vous que ce proverbe concerne désormais les promenades en forêt ! En cause, la multiplication des cas de maladie de Lyme – 12 à 15 000 par an en France, dont la moitié en Alsace –, une infection aux conséquences parfois graves provoquée par des piqûres de tiques. Ces acariens parasites se fixent généralement sur le bas des jambes.

Eh bien ! La société Labonal, installée à Dambach-la-ville à mi-chemin entre Strasbourg et Colmar, a pris les devants en étant la première à fabriquer une chaussette anti-tiques à effet permanent. Un principe actif fixé dans les fibres agit sur les tiques qui se sont accrochées sur la chaussette, en détruisant en 15 mn leur système nerveux, puis en les faisant mourir après 2 h. Un modèle considéré comme un instrument de prévention indispensable pour les  professionnels de la forêt comme les bûcherons et les gardes-chasse.

De fait, l’entreprise Labonal, créée en 1924 sous le nom de La bonneterie alsacienne et connue par son logo en forme de panthère, a totalement réorienté sa production depuis sa reprise en 1996 par une équipe de cadres avec à sa tête Dominique Malfait, son directeur actuel. Comme l’explique Dominique, sur les 300 millions de paires de chaussettes vendues chaque année en France, 95% d’entre elles sont produites dans des ateliers délocalisés. Mais pour lui, il n’était plus question de fabriquer dans des unités à l’étranger des articles à bas prix pour la grande distribution. Dominique a pris la décision de rapatrier l’ensemble de la confection car il estime que « l’avenir est au Made in France et à la réindustrialisation de notre pays ».

Dominique a ainsi recentré la production sur le haut de gamme en jouant sur trois leviers : l’automatisation de la fabrication, du fil au tricotage, puis à la couture grâce à un parc de machines à la pointe de la technologie – une chaussette est confectionnée en 6-7 mn -, un contrôle qualité qui reste manuel et un effort particulier sur la recherche-développement. 10% de la centaine de salariés y sont affectés pour créer de nouvelles collections et développer des innovations.

Il s’agit de tester d’autres fibres, synthétiques ou naturelles comme le bambou et les poils de chameau et de yack. L’objectif est également de « faire la différence » sur les marchés de niche liés aux voyages et aux randonnées avec des modèles anti-tiques, anti-moustiques, anti-bactériens, anti-fatigue et autres Spécial montagne ou ski. Pari réussi car l’entreprise Labonal produit deux millions de paires de chaussettes ou socquettes par an. Elle fait partie des cinq derniers fabricants français du secteur.

Eh oui, grâce à la Marque à la panthère Made in Alsace, les amoureux de la nature sont protégés des tiques, des moustiques ou des engelures, qu’ils randonnent en forêt tempérée, en savane africaine ou en haute montagne, du moins au niveau des pieds !

Alsace Mode

Les chaussures Heschung en Alsace, ça marche depuis plus de 80 ans !

« Pour vivre heureux, vivons cachés », ce dicton pourrait s’appliquer aux Ateliers Heschung, qui, nichés à Steinbourg, un village au nord-ouest de l’Alsace, fabriquent en toute discrétion des chaussures en cuir haut de gamme vendues sous leur propre marque dans le monde entier, de la businesswoman moscovite au trader new-yorkais. Et je ne suis pas peu fière d’avoir eu l’occasion de mettre en avant le travail des artisans de cette entreprise familiale durant la préparation d’une nouvelle collection. Une équipe d’artisans chaussiers, ayant une moyenne de 35 années de métier !

Une telle expérience n’est pas de trop lorsqu’on découvre la complexité de l’ajustage à la main de la bande de cuir au contour du modèle avec l’aide d’un fil de lin imbibé de poix et chauffé. Une technique de cousu main, le cousu norvégien, qui permet de réaliser des coutures résistant à toutes épreuves et de rendre les chaussures encore plus robustes et imperméables.

Ce procédé a fait la réputation de la manufacture dès sa création en 1934 par Eugène Heschung, d’abord pour les brodequins des « schlitteurs », ces bûcherons vosgiens qui utilisaient des luges (schlittes) pour descendre les grumes, puis pour les chaussures de ski. Les modèles de compétition Heschung ont équipé les équipes de France, des JO de Grenoble en 1968 à ceux de Sapporo en 1972, puis le plastique a remplacé le cuir …

Le credo de la marque Heschung ne se résume évidemment pas à la qualité des coutures et à celle des cuirs employés. Il s’exprime également dans la sobriété et la modernité des lignes, donnant aux chaussures un style intemporel. Pour Pierre Heschung, petit-fils du fondateur et actuel Président de la société, et son équipe d’artisans, « un produit est parfait, non pas parce qu’on lui a ajouté quelque chose de joli mais parce qu’on ne peut rien lui enlever qui ne soit essentiel ».

Et le succès est éclatant puisque, dans le secteur fortement concurrentiel du haut de gamme, les Ateliers Heschung, labellisés Entreprise du Patrimoine Vivant, sont devenus l’un des plus grands chausseurs français en produisant environ 65 000 paires de souliers et bottes par an (pour un chiffre d’affaires dépassant 10 millions d’euros) disponibles sur 250 points de vente à travers le monde. Quelle belle vitrine du Made in Alsace !

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L’atelier des époux Rolland à Haguenau, ça donne vraiment envie de se (re) faire la malle

Vous avez peut-être eu la chance, comme moi, de recevoir en souvenir familial une ancienne malle de voyage – pour moi, c’était celle d’une arrière-grand-mère partie en Algérie au début des années 1900. Si, en plus, voyager en mode « rétro branché » vous tente (bon courage!) ou si tout simplement vous souhaitez décorer votre intérieur avec une belle malle de caractère, je vous propose un bon plan!

Au cœur de leur atelier Rêve de bagage, situé à Haguenau au nord de Strasbourg, Marie et Jean-Philippe Rolland redonnent vie à des bagages usés par les voyages et les années. Les époux Rolland, aidés d’autres passionnés tout aussi motivés, ont acquis un savoir-faire rare.

Comme un tableau ancien, la restauration d’un bagage de luxe nécessite en effet un travail d’une minutie exceptionnelle, où l’on procède par petites touches, pièce par pièce, avec les meilleurs matériaux.

Jean-Philippe restaure l’extérieur : boucher les trous avec un mélange de terre d’ivoire et de résine dont il garde la recette secrète, rechercher la teinte la plus proche du cuir vieilli pour redonner à la malle son éclat et sa patine d’antan. Marie s’occupe ensuite de l’habillage intérieur : refaire le tissu, généralement du lin, du coton, de l’alcantara ou du velours pour les gainages de luxe, en le capitonnant. Au total, il faut compter quelques dizaines d’heures pour redonner sa jeunesse à un seul bagage.

Marie et Jean-Philippe ne se limitent cependant pas à la restauration. Ils réalisent pour les clients des bagages sur mesure en respectant les traditions et de plus ils ont créé un musée afin de conserver et de maintenir la richesse et le patrimoine de ces objets anciens, de grande valeur. Le Musée du bagage, le seul de ce type en Europe, regroupe ainsi plusieurs centaines de pièces uniques et historiques, du 17ème siècle à nos jours, dont l’une des malles du célèbre écrivain britannique Arthur Conan Doyle.

Eh alors, n’est-ce pas un bon plan pour se (re) faire la malle? C’est surtout la magnifique histoire, au cœur de l’Alsace, d’une équipe de passionnés figurant désormais parmi les cinq restaurateurs de malles de luxe encore en activité en Europe.